Konstin Scherbakov et Beethoven au Tonhalle de Zürich

Mon père avait à la maison les partitions des tranascritpions des symphonies de Beethoven par Liszt et un enregistrement de Cyprien Katsaris. Je les ai beaucoup écouté et plus tard, vers 13 ans, j'ai essayé de les lire me rendant rapidement compte à quel point c'est presque impossible à jouer. Pour moi, comme pour beaucoup d'autres pianistes, ces oeuvres sont restées un monument immense et inaccessible. J'ai découvert plus tard quelques autres pianistes qui ont enregistré ces symphonies mais aucun ne m'a jamais convaincu, la difficulté étant trop audible, jusqu'à ce que j'achète l'oeuvre complète en cours d'édition de Liszt chez Naxos. Le pianiste ayant enregistré les symphonies pour ce label, un certin Konstantin Scherbakov, m'avait complètement convaincu et j'avais ainsi trouvé le deuxième homme au monde capable de jouer ces oeuvres.

C'est comme ça que j'ai découvert ce pianiste incroyable. Plus tard j'ai aussi écouté ces enregistrement des Etudes d'exécution transcendante de Lyapunov et les concertos de Medtner entre autres. Scherbakov a enregistré un nombre incroyable de disques et abordés de nombreux compositeurs inconnus, ce qui est également une qualité rare que j'admire. En arrivant à Zürich j'appris que ce géant du piano enseignait au conservatoire ainsi que Zakar Bron, l'autre géant, pédagogue du violon.

Hier soir donc je suis aller l'écouter dans son récital Beethoven dans la grande salle du Tonhalle de Zürich. Peu de pianistes jouent dans la grande salle quand ils font un récital solo, et encore moins arrivent à la remplir! Je me suis alors bien rendu compte à quel point il est connu et apprécié du public mélomane. Il a joué trois bagatelles op.126 de Beethoven pour commencer en douceur son récital. Tout de suite j'ai été étonné de la douceur du son et la "patte russe" dans son jeu. Il a ensuite joué deux des plus célèbres sonates de Beethoven: la Pathétique et Au clair de lune. Merveilleuse toutes les deux, le dernier mouvement de la dernière était particulièrement impressionnant.

Après la pause, le clou du récital: la 6e symphonie de Beethoven, dite Pastorale, transcrite par le génial Franz Liszt. Tout était d'une impeccable maîtrise, Scherbakov à réellement une technique incroyable doublé d'un musicien intelligent et sensible. Même les passages les plus difficiles dans l'orage, qui en principe nécéssite tout un orchestre pour rendre le maximum des effets sonores, sonnaient merveilleusement au piano, on aurait cru que c'était une autre sonate que Scherbakov jouait. Après ce tour de force et ravissement pour les oreilles le public à chaudement applaudi. Svherbakov est venu saluer son public très humblement, comme si il venait de jouer que des bagatelles, à donné au public un bis, que je ne conaissait pas du tout mais qui sonnait très russe, pour cloturer en douceur ce merveilleux et unique récital du 11 du 12 du 13...

Première du Fidelio de Beethoven à Zürich

Hier soir, 8 décembre 2013, j'ai été voir pour la première fois le Fidelio de Beethoven à l'Opréra de Zürich. Toujours pas fan des mises en scènes modernes j'ai quand même été très heureux d'entendre ce chef d'oeuvre par des voix merveilleuses. J'ai même pensé que finalement je préférais peu-être ce type d'opréra aux italiens...

Beethoven n'était clairement pas un compositeur d'opéras comme l'était Mozart par exemple: il a quand même mis près de 12 ans avant d'arriver à un résultat satisfaisant et le succès après sa première représentation à Vienne, a composé trois ouvertures Leonore (qui était le premier titre de l'opéra), a rencontré deux échecs lors des premières de ses premières versions de l'opéra, et s'est presque à chaque fois brouillé avec les directeurs d'opéras criant qu'il ne composait pas pour la masse mais pour les gens cultivés en leur retirant sa partition.

Malgré que Beethoven avoue lui-même pouvoir s'exprimer pleinement à travers l'orchestre symphonique, son Fidelio lui tient quand même très à coeur du fait des nombreux soucis qu'il lui ait causé et de la peine avec laquelle il en est venu à bout. Le résultat est un chef d'oeuvre incontestable. J'ai retrouvé beaucoup de Mozart dans l'oeuvre, certains accords ou athmosphères, mais également clairement l'empreinte du génie de Beethoven.

Les chanteurs m'ont aussi énormément plu: Florestan chanté par Brandon Jonanovich, Leonore ou Fidelio par Anja Kampe, Rocco par Christof Fischesser. Celle qui m'a le plus touché et plu globalement était la jeune Julie Fuchs qui chantait et jouait merveilleusement, avec une énergie admirable et une séduisante fraîcheur, le rôle de Marzelline.

Philippe Jordan et François-Frédéric Guy se retrouvent à Zürich

Trois oeuvres passionnantes des trois grands génies des années 1830 - 40 par deux musiciens de talent:

La nuit sur le mont Chauve de Moussorgski, oeuvre pleine d'images de sorcières, de démons, de Satan, donne la chair de poule dès ses premières notes. Les images de Fantasia me sont toujours resté depuis ma jeunesse, ayant découvert alors le compositeur russe avec un mélange de peur et de fascination pour son oeuvre diaboliquement puissante.

Né en France en 1835, quatre ans avant Moussorgski et cinq ans avant Tchaikovski, Saint-Saens et son concerto no.5 m'ont également enchanté sous les doigts du pianiste français François-frédéric Guy que je connaissait déjà par ses enregistrements des sonates de Beethoven. Ce concerto porte le titre d'Egyptien et est truffé d'harmonies évoquant la culture de ce pays d'Afrique du Nord. Les sons que Saint-Seans fait sortir du piano dans le mouvement lent sont totalement nouveaux, donnant parfois l'impression qu'un autre instrument joue au lieu du piano. En bis nous avons eu droit à un prélude de Debussy, feux d'artifice, prouvant encore l'aisance du pianiste français dans ce répertoire tout autant que dans Beethoven.

Le chef zürichois Philippe Jordan, qui dirige l'Opéra de Paris, à terminé ce concert en beauté par la 6e symphonie de Tchaikovsky. On retrouve dans chaque mouvement de cette symphonie le caractère typique de l'âme slave, les grands froids et rudes hivers russes autant que le caractère et le vécu de Tchaikovsky, père de la musique russe et rhapsode de son pays. Le troisième mouvement en particulier, Allegro molto vivace, à enthousiasmé le public tout autant que la fin du dernier mouvement terminant décreschendo laissant ainsi place au silence que le public à observé pendant un long moment, le temps de se remettre des émotions de cette ouevre gigantesque.

Kurt Masur à Zürich

Le bon vieux Kurt Masur nous a donné un concert très touchant hier soir au Tonhalle de Zürich. Je ne l'avais jamais vu en concert et ai été très surpris de le voir monter sur scène en chaîse roulante ne pouvant que très peu bouger. Je viens de lire qu'il est atteint de parkinson et qu'il à en réalité déjà 86 ans! La dernière fois que je l'ai vu c'était dans un documentaire au sujet de Anne-Sophie Mutter ou il parle de leur collaboration lors de nombreux concerts et ou il est encore bien en chair et bon vivant.

Cela n'a en rien diminué la qualité du concert, sans doute même au contraire, le peu de gestes qu'il fait à probablement eu pour effet sur l'orchestre de concentrer leur attention. On sentait bien le très grand respect que l'orchestre et le public avaient pour le maestro.

J'étais parti avec un appriori sur les deux symphonies, ne sachant plus si je les connaissait j'avais un peu peur de m'ennuyer. Mais au début de la 4e de Schumann j'ai reconnu tout de suite que c'était celle que j'aimais le plus des 4 et que j'ai beaucoup écouté dans ma jeunesse. Les thèmes de cette symphonie sont magnifiquent et vous restent dans la tête pendant longtemps. Tout est réussi dans cette oeuvre, et le contraste avec celle de Dvorak qui suit est bien clair: c'était bien de la musique allemande, sérieuse, dense, le Schumann romantique et tourmenté, le climat de l'Allemagne était dans chaque note.

La 8e de Dvorak elle aussi je la connais assez bien et m'a beaucou plu contrairement à mes attentes. Surtout le début et la fin, très fort et très marqué. Dvorak contrairement à Schumann est plus slave, parle plus de son pays et de ses chants typiques. L'instrumentation est très différente aussi, il y a beaucou plus de solo d'instruments à vents, comme le hautbois, et les couleurs orchestrales sont plus légères et charmantes pour l'oreille, il s'en dégage plus de fraîcheur.

C'était donc un programme assez sérieux et de premier abord assez difficile d'accès mais en réalité très prenant et passionnant. Le public s'est levé et à longtemps applaudi le grand Kurt Masur, j'ai ressenti cette standing ovation de la fin comme une peur de la part du public de ne plus revoir le viex maître sur la scène Zürichoise, c'était très touchant, espérons le contraire.

La Scala de Milan depuis Zürich

Lundi 18 novembre 2013, après avoir passé une journée à Lugano, j'ai pris le train Lugano - Milano pour y passer deux jours. Milan n'est qu'à 4h de train de Zürich, et si on s'y prend bien on peut avoir un allé retour pour 80 francs. J'avais l'intention d'aller avec une amie écouter le récital du ténor Juan Diego Florez a l'Opéra de la Scala.

Nous nous sommes dirigé vers la Scala vers 15h pour essayer d'avoir des places pour le concert du soir. Une centaine de gens attendaient déjà devant l'entrée de la billetterie pour avoir des places. Par chance mon amie connaissait d'aciens collègues du conservatoire qui se trouvaient tout devant dans la file. Nous avons donc pu nous faufiler dans les premiers. Fait amusant: il n'y avait quasi ques des chinois, tous chanteurs, qui attendaient dans cette file dehors dans l'humidité et le froid d'un jour de novembre pluvieux à la Scala de Milan. Nous avons attendu 2h30 avant de recevoir un numéro pour pouvoir entrer dans la billetterie pour acheter une place à 5 euros. Ce sont souvent les dernières places libres aux derniers étages qui sont ainsi vendues en dernière minute.

Ayant obtenu deux places au dernier étage vers 18h nous sommes encore allés nous promener dans la galerie Victor Emmanuel qui conduit de la Scala au Duomo de Milan, la magnifique et flamboyante cathédrale, sommes allés acheter des partitions dans la galerie chez Ricordi, des opéras de Verdi, avons bu un café à 12 euros dans un café chic de la galerie et puis sommes allés nous installer à notre place dans la magnifique salle légendaire de la Scala.

Le récital était superbe, Florez est, inutile de le préciser, un des plus grands ténors de notre temps, il à du faire une dixaine de bis, rappellé et applaudi avec fracas tout en étant également hué par certains, ce qui apparemment arrive tous les soirs à la Scala et passe pour tout à fait normal. Certains crient même des titres d'arias qu'il veulent comme bis, ou font des commentaires. Ce chaos ainsi que celui dehors devant la billetterie est apparemment typiquement italien et fait partie du charme de ce magnifique pays. Après le récital nous sommes allés boire du vin italien dans un bar à vin avec vue sur la cathédrale, inoubliable!

C'était donc une expérience magnifique, très accessible depuis Zürich. Une journée à Milan et une soirée à la Scala pour un total de 100 francs, que demander de plus!

Faust de Gounod, novembre 2013 à Zürich

Le Faust de Goethe est la pièce que j'ai le plus lu dans ma vie et, avec La Divine Comédie de Dante, l'un de mes deux chef-d'oeuvres littéraire préféré. Ayant également souvent lu Tintin dans ma jeunesse j'ai pris connaîssance de l'existence de l'air des bijoux, chanté par la Castafiore, bien avant de l'avoir entendu dans le Faust de Gounod.

Il y a quelques années j'ai entendu ce Faust de Gounod à Bordeaux dans une production sympatique et une belle mise en scène. J'étais donc très curieux de le découvrir ici à Zürich ou j'avais été très impressionné par les chanteurs dans Rigoletto de Verdi il y a quelques semaines.

Première chose qui frappe c'est qu'il s'agit bien ici d'un opéra français et de ce fait très loin des opéras italiens de Bellini, Verdi, Puccini, etc, un univers de sons et une conception très différente. Comme-quoi la culture et la langue marquent très fort l'art.

Ce qui était agréable aussi c'est que je pouvais suivre l'opéra sans lire les sous-titres, il était possible de comprendre presque tout ce que les chanteurs disaient, particulièrement Eliot Madore qui chantait merveilleusement le rôle de Valentin et possède de plus une merveilleuse et puissante voix.

Les chanteurs étaient d'ailleurs tous très bons. J'ai été bluffé par la puissance de Amanda Majeski qui chantait Marguerite, également une très belle voix. Kyle Ketelsen qui chantait Méphistophélès est un acteur avisé en plus de posséder une voix impressionnante. Faust, chanté par Pavel Breslik était subtil et charmant. Bref, à nouveau une magnifique palette de chanteurs et une mise en scène superbe aussi cette fois-ci! Bien réfléchie, parfois très impressionnante, des immages fortes et marquantes, Jan Philipp Gloger est à mon sens un metteur en scène intelligent qui sait créer des tableaux très expressifs.

Anne-Sophie Mutter à Zürich

Exceptionnel était ce concert d'hier soir: Jeudi 7 novembre 2013 au Tonhalle de Zürich, Anne-Sophie Mutter et Lambert Orkis, concert de gala au profit de la Stiftung Bruno Bloch! Jusqu'à présent le plus marquant auquel j'ai assisté à Zürich. La salle était comble. Les prix hallucinant des places allant de 350 à 800 francs la place, ce n'était sûrement pas les pauvres de Zürich qui les occupait.

Quand j'entends parler de Mutter je l'associe toujours à Karajan, qui à été son mentor dans sa jeunesse, mais j'ai réalisé ce soir que cette violoniste est devenu au moins l'égal de Karajan autant par sa réputation que par son charisme et l'immense musicienne qu'elle est. Je n'ai jamais entendu une salle de concert aussi silencieuse!

Le récital a commencé par la sonate K379 de Mozart, quelques accords arpègés ont forcé un silence absolu suivi par un accord tout aussi léger au violon. Toute la sonate s'est enchaînée dans une sérénité et une maîtrise telle qu'il était impossible de détourner son attention de cette musique géniale servie par deux musiciens d'une maturité hors pair. Ce Mozart était doux, rêveur, serain. La belle Anne-Sophie Mutter en robe jaune s'est d'entrée de jeu imposée sur cette grande scène vide par sa présence et la perfection de son jeu.

Le programme a été remarquablement choisi, glissant légèrement d'une époque et d'un style à l'autre. La sonate op.45 de Grieg à suivi celle de Mozart contrastant avec celle-ci par son entrée plus dynamique. Tout le lyrisme et le folklore norvégien de Grieg était merveilleusement mis en évidence avec une facilité étonnante de Mutter qui peut tout autant faire preuve de puissance que de douceur sur son violon, toujours avec la plus exacte justesse.

Après la pause nos deux musiciens nous ont emmené dans le monde impressioniste de Debussy avec sa dernière oeuvre, la sonate pour violon et piano en sol mineur. Que de sonorité miraculeuse, d'improvisations, de surprises. La complicité de Mutter et Orkis est vraiment étonnante, surtout dans une sonate qui bouge autant que celle-ci. Tout au long de l'oeuvre ils n'ont fait qu'un: respiration, brefs accelerandos, rubato, les fameux "céder" de Debussy, tout était une seule et même pensée, un seul geste, une seule ligne, une harmonie parfaite.

Et pour terminer ce concert, la sonate que j'attendais avec beaucoup d'impatience, celle de mon compatriote César Franck, la très célèbre et unique sonate en la majeur. J'ai revu défiler les paysages de mon cher et plat pays, sa nature verte, son caractère bien à lui. Le salle entière n'ayant pas bronchée depuis le début du concert, ce silence exceptionel est même descendu encore plus bas lors des pagages pianissimo du troisième mouvement d'une beauté absolue. Toute la salle était en harmonie complète, je n'es suis toujours pas revenu et ce rêve continue à m'habiter. C'est vraiment incroyable à quel point non seulement Anne-Sophie Mutter possède une technique et une justesse sans faille mais est aussi capable des plus beaux pianissimos, forcant mille personne au silence le plus absolu, tout autant que de développer un son riche et puissant remplissant toute la salle de concert.

Après un tonnerre d'applaudissement Mutter et Orkis sont revenus pour trois bis: la première danse hongroise de Brahms qui a beaucoup plu. La méditation de Thaïs qui nous a tous profondément ému. Et pour terminer la deuxième danse hongroise de Brahms suivi d'un standing ovation.

Jean-Yves Thibaudet joue le 2e de Liszt à Zürich

Thibaudet, le légendaire pianiste français vivant aux Etats-Unis et dont les cachets sont parmi les plus élevés. Ses costumes hors de prix, son gôut pour le chic, ses magnifiques photos, sa coiffure impeccable, voici comment j'ai d'abord entendu parler de ce pianiste. Mais en écoutant ses enregistrements et en regardant quelques videos, dont le 5e concerto de Saint-Saens, j'ai très vite apprécié son jeu original et intelligent.

Ce soir du 2 novembre 2013 j'ai eu l'occasion de l'entendre pour la première fois en concert et en plus dans un de mes concertos préféré que j'ai moi-même travaillé et joué il y a quelques années. Ce deuxième concerto de Liszt laisse beaucoup plus de place au lyrisme que le premier. Il y a certes toujours ses passages endiablés qui demandent toute l'énergie du pianist et une grande technique mais aussi de merveilleux moments de pure beauté.

Thibaudet joue ce concerto depuis bien longtemps, l'ayant enregistré assez jeune. J'ai été étonné et émerveillé par la puissance de son jeu en contraste direct avec des moments d'une magnifique maîtrise du son et des couleurs. Thibaudet à une énergie incroyable quand les éléments de la nature se déchaînent dans ce concerto et il maîtrise aussi incroyablement bien l'art de faire sonner un piano dans les passages chantés comme Horowitz en avait découvert le secret. Son bis, la consolation no.3 de Liszt nous l'a encore bien prouvé.

Ayant bien apprécié le Don Juan de Strauss en première partie j'ai surtout été émerveillé par Die Seejungfrau de Alexander Zemlinsky. Se rapprochant parfois de Brahms et de Mahler ce compositeur viennois s'impose facilement et se distingue très bien de ses aînés. Cette oeuvre pour orchestre de 45 minutes passe par toutes les émotions sans jamais déranger le moins du monde, c'est comme si cette musique nous est familière depuis bien longtemps alors que je venais de la découvrir.

Dvorak, Symphonie 5, Concerto pour violoncelle - Maximilian Hornung

Dvorak c'est le folklore tchèque. Dès les premières note de n'importe quelle de ses oeuvres on sait à qui on à affaire. Il a une empreinte bien à lui, autant dans l'harmonie, l'orchestration que les mélodies.

Cette symphonie no.5, bien moins connue que la 9e, n'en est pas moins intéressente. Dès les premières notes Dvorak capte notre attention par ses rythmes inatendus, ses couleurs orchestrales fraiches parlant d'un pays lointain. C'est plein de passion, d'originalité. Je ne me suis pas ennuyé un seul moment dans cette symphonie, tout y est réussi.

Au départ je voulais aller à ce concert pour entendre le concerto pour violoncelle de Dvorak ,que j'adore, qui est d'un génial absolu, que j'ai moi-même accompagné au piano quelques-fois et que je me réjouissait d'entendre joué par Truls Mork que je n'ai jamais entendu en concert. J'ai été surpris de voir la veille que ce n'était plus Truls Mork mais Maximilian Hornung qui jouait.

Ce jeune violoncelliste, qui m'était totalement inconnu, m'a completement surpris par son jeu vif, juste, énergique et très inventif. Je crois que l'on à rien perdu au change, découvrir un talent pareil ça fait toujours plaisir. Le concerto est vraiment poignant, j'ai eu plus d'une fois les larmes aux yeux, certains thèmes sont tellement beaux que j'aurais pu mourir heureux après les avoir entendu.

Woyzeck de Spuck au Ballet de Zürich

Je n'ai pas souvent été voir des ballets dans ma vie, mais les fois ou j'y suis allé j'ai toujours été très marqué. Cette fois-ci également. La danse alliée à la musique a véritablement une très grande force d'expression. Il ne s'agit en réalité que de gens qui bougent leur corps en synchronisation avec de la musique, sans paroles, sans texte, sans explications véritables, mais cela dégage d'autant plus d'émotions. Ces corps faisant des mouvements inhabituels, paraissant tantôt absurde, chocant, malade, idiot, tantôt élégant, fluide, léger, tout cela a un impacte très puissant sur notre réceptivité émotive. Allié à une musique bien chosie, c'est même dévastateur.

Christian Spuck, le nouveau directeur du Ballet de Zürich, à l'air d'être un homme inspiré, novateur et cultivé. Les gestes qu'il fait faire aux danseurs m'ont eu l'air d'être un savant juste milieu entre tradition et modernité. Une façon de rester dans un cadre tout en proposant du nouveau. Il s'agit presque de théâtre, les personnages étant tellement carricaturés, c'était évident, clair et très expressif. Certains gestes étaient grotesquent, donnant une touche humoristique à cette histoire finalement très triste.

Le personnage principal, dansé par Jan Casier, qui danse presque en permanence et dont on peut hautement saluer la performance physique exceptionelle, subit un sort terrible entre sa malchance, sa femme qui en aime un autre, les traitements chocants des médecins qui font des expériences sur lui, et la folie qui finalement l'empare l'amenant à tuer celle qu'il aime. Tout cela accompagné par une chorégraphie tissée comme une savante toile de mouvements font de cet oeuvre de Christian Spuck un chef d'oeuvre du Ballet à mes yeux.

Zimmermann-Zinman, Mozart-Brahms

Magnifique concert qu'était celui d'hier soir, vendredi 17 octobre 2013. Frank Peter Zimmermann, artiste en résidence du Tonhalle-Orchester Zürich, joue le concerto de Brahms les 16,17 et 18 octobre 2013 sous la direction de David Zinman.

Mozart c'est toujours génial, et parfois même plus, comme c'est le cas pour cette symphonie dite Jupiter, la 41 ième, KV 551, soit la dernière d'une longue série! L'orchestre du Tonhalle a une fois de plus prouvé qu'il est excellent, parfait dans ce style classique, magnifiquement juste et leger. Il n'y a pas eu une seconde à vide dans toute la symphonie. Même dans le troisième mouvement, Menuetto, qui en général est le plus ingrat à défendre. C'est biensûr surtout dû à Mozart, car encore une fois j'ai réalisé que quand on écoute vraiment bien ces oeuvres, qu'on les connaît un peu, c'est une source infinie de beauté et d'émerveillement. Il y a tout dans ces oeuvres: drame, beauté, tragic, humour, sérieux, symétrie, surprise et j'en passe.

Après ce premier chef-d'oeuvre on est passé à un autre, cette fois-ci un monument pour le violon. On dit que c'est un des concertos les plus difficiles du répertoire pour violon et je dois dire que Zimmermann ne nous à pas du tout donné cette impression. Il a clairement une technique qui lui permet de flotter au dessus de ce genre de problèmes. Même si ce n'était pas toujours parfait, Zimmermann est convaincant et s'affirme en musicien d'une grande excpérience, passé depuis longtemps maître en l'art de sortir des sons magiques d'une caisse en bois avec des cordes. Je me souviens d'ailleurs très bien l'avoir découvert à Bruxelles, lors de mes études au conservatoire, par son enregistrement des 6 sonates pour violon solo de Ysaÿe. En bis il à joué le prélude de la deuxième partita pour violon seul de Bach, décontracté, fluide et terminant avec une note d'humour, laissant aller son archet vers le sol sans bouger après avoir joué la dernière note.

Depuis quelques temps on pouvait voir partout dans Zürich des affiches annoncant les trois concerts de Zimmermann. Ci-dessus, une de ces affiches lorsque je passait devant près de hardbrücke avec une amie modele: Senta Camille et son mignon petit chien.

Verdi, Otello, Zürich, 16 octobre 2013

Je dois dire honnêtement que j'ai été moins transcendé par Otello que le Rigoletto de Verdi. Il faut dire aussi que je ne l'avais jamais entendu et ne connaissait que très sommairement l'histoire. Ca change forcément tout. Connaissant Rigoletto presque par coeur j'ai eu beaucoup plus de plaisir à l'écouter et connaissant bien l'histoire je pouvais suivre tout sans difficulté. Comme quoi l'Opéra, comme la musique en général, on apprend à l'aimer, ça ne vient pas de soi.

Mais peu importe, j'ai quand même bien apprécié cet opéra et j'étais ravi de le découvrir. La mise en scène par exemple m'a beaucoup plus plu que celle de Rigoletto qui était pour ainsi dire absente. N'étant pas un fan des mises en scènes conceptuelles avec une scène vide, j'ai apprécié un peu plus celle de Otello tout simplement parcequ'il se passait un peu plus de choses sur scène, il y avait plus de décors et donc plus à voir.

Otello est un des derniers opéras de Verdi et j'ai trouvé que son écriture se rapproche beaucoup plus de celle de Wagner que Rigoletto par exemple, qui, comme La Traviata, s'inscrit encore dans un style que l'on pourrait qualifier de plus leger, contrairement à celui d'Otello que je qualifierais par opposition de plus lourd, les voix d'hommes et les choeurs y étant bien plus présents..

Le début du quatrième acte m'a particulièrement enchanté. Plus précisément les trois airs que chante Desdemona, qu'incarnait magnifiquement  Maria Agresta. La chanson du saule et l'Ave Maria ont retenu mon attention et ma respiration pour un long et beau moment, sommet de l'opéra avant de terminer tragiquement, comme très souvent chez Verdi et Shakespeare.

Nelson Freire, Beethoven 4, Mahler 1

Cette saison 2013 - 2014 il y a deux choses que je ne voulais pas rater: les symphonies de Mahler et Nelson Freire. Il se trouve que le 13 octobre 2013 Freire jouait le 4e concerto de Beethoven et en deuxième partie était prévu la première symphonie de Mahler avec l'orchestre symphonique de Sao Paulo sous la direction de Martin Alsop (que j'avais déjà vu diriger lors des finales d'un des derniers Concours Reine Elisabeth en Belgique).

La première oeuvre était Terra Brasilis de Clarice Assad, fantaisie sur le thème national du Brésil. Bien que courte, cette oeuvre était assez amusante et folklorique. J'ai cru entendre plusieurs allusions à d'autres thèmes que je ne connaissait malheureusement que d'oreille.

Après que le piano ait été placé au milieu de la scène, notre cher Nelson Freire est entré à son tour d'un petit pas détendu qu'on lui connaît bien, à salué humblement le public s'est assis au piano et à commencé à jouer l'introduction en accords de ce magnifique concerto no.4 de Beethoven. Puis l'orchestre lui à donné la réplique en répétant le thème. Une chose m'a frappé, autant chez Freire que l'Orchestre, qui à mon avis est une caractéristique des pays du Sud et de ce fait très différent des orchestres suisses: le fait qu'ils privilégient l'émotion à la précision. Il ne s'agit pas du tout d'un manque de précision chez Freire mais il était assez clair que ce pianiste à une sensibilité musicale qui prime sur le souci de jouer toutes les notes sans fautes, bien qu'il n'en rate pas une. J'ai été charmé par ce son doux, sensible, chantant, ses accords timbrés, un contrôle d'une maturité incroyable. Cet homme ne joue plus du piano, il crée des sons et des parfums qui tournent dans l'air du soir.

En bis il à joué un choral de Bach d'un calme tout aussi absolu, d'une beauté encore plus incroyable et est reparti comme il est venu, calme, serain, humble, nous laissant en présence d'un rêve. A la pause, Christina Leistner et moi sommes allé le voir et avons été très agréablement surpris de la gentillesse et la simplicité de ce géant du piano.

La première Symphonie de Mahler est déjà une oeuvre qui contient tout Mahler. J'ai réalisé pour la première fois qu'il utilise la quinte descendante tout au long de cette symphonie en la manipulant et transformant, donnant ainsi à ce thème principal les caractères les plus extrèmes. Mème dans le fameux frère jacques (ou freire jacques) du troisième mouvement on a une quinte montante divisée en deux montées de trois notes et terminant par une quinte descendante. L'orchestre de Sao Paolo est vraiment capable de se déchainer quand il le veut, j'ai été très impressionné par cette puissance dévastatrice que Mahler oppose sans cesse à ces mélodies enfantine, ces moments qui expriment la beauté de la nature, l'amour, les danses folkloriques et juives. A chaque fois que j'écoute une symphonie de Mahler je les comprends mieux et les aiment toujours plus mais j'en ressort aussi plus affecté. Cette musique est géniale mais terrible.

Mahler 4, Nesterowicz debut avec le Tonhalle-Orchester

Michal Nesterovicz à fais son concert de début avec le Tonhalle-Orchester Zürich ce soir en commencant avec une oeuvre de son compatriote Witold Lutoslawski. Il s'agissait de Chantefleurs et chantefables pour laquelle la soprano Olga Pasichnyk s'est joliment distinguée.

Evidemment Lutoslawski ce n'est pas facilement abordable et n'ayant jamais entendu l'oeuvre j'ai eu un peu de peine à apprécier, mais j'ai bien reconnu le syle du compositeur polonais le plus brillant, à mon avis, après Chopin. On en est biensûr très loin mais je fais partie de ceux qui diraient qu'il ne faut jamais hésiter à aller écouter une oeuvre de lui.

Ceci dit en passant, j'ai déjà parlé par le passé du concerto pour piano, que je suis allé écouter au Tonhalle, avec Krystian Zimerman au piano et le même orchestre, qui est génial et que je recommande à tout le monde d'apprendre par coeur.

Après la pause: la 4e Symphonie de Gustav Mahler. C'était la première de la saison, il y aura encore la 1,2,5 et 9 au Tonhalle de Zürich cette saison pour mon plus grand bonheur. La 4 est sans doute la plus connue avec ces clochettes au début qui font penser à un traineau avançant dans la neige. Comme souvent chez Mahler on passe de l'extrème tragique à la naïveté enfantine en quelques secondes et puis tout ça se mélange avec d'autres états d'âmes profonds ne laissant pas le public une seule seconde dans l'ennui.

Il est bien évidemment clair que Mahler est un dieu de l'orchestration, on s'en rend compte à chaque fois qu'on écoute une Symphonie. Nesterovicz est plustôt du genre mesuré et calme contrairement à Bernstein par exemple qui est en train de mourrir à chaque note avec son orchestre qui le suit, sans avoir le choix, dans la mort, d'épuisement. J'ai personellement une préférence pour ce Mahler là mais j'ai été quand-même agréablement surpris de la sensation de calme qu'à fait ressortir Nesterovicz de cette symphonie, terminant le dernier mouvement avec la soprano par un silence qui aurait pu durer une étérnité.

Lionel Bringuier et le Tonhalle Orchester Zürich

Pour la saison 2014 - 2015 le français Lionel Bringuier sera le nouveau chef permanent de l'orchestre du Tonhalle de Zürich, reprenant ainsi le poste qu'avait occupé jusqu'à présent David Zinman.

En guise de présentation pour cette prochaine saison Lionel Bringuier est venu, ce samedi 28 et dimanche 29 septembre 2013, diriger deux fois l'orchestre dans un programme Ravel, Schumann et Bartok. Le premier concert à été diffusé en direct pour la première fois depuis Zürich sur la chaîne française Mezzo.

Que choisir de mieux que le tombeau de Couperin de Maurice Ravel pour débuter ce concert. Ravel étant également français est connu comme un excellent orchestrateur cela aura permi de mettre en valeur les qualités de l'orchestre du Tonhalle ainsi que celles du chef.

Le concerto pour piano de Schuman est un grand classic pour les pianistes, aimé du public et une perle du romantisme. Nous avons donc été plus qu'heureux de ce choix et enchanté de la version d'une maîtrise absolue que Martin Helmchen nous à donné en union parfaite avec Lionel Bringuier.

Et après un concerto pour piano, un concerto pour Orchestre qui termine ce concert, mettant ainsi encore une fois bien en lumière l'excellence de l'ochestre et de son chef. Ce concerto de Bartok explore les extrèmes possibilités de l'orchestre en faisant jouer des soli à chaque pupitre, introduisant des fugues, des effets divers, des rythmes endiablés, des nuance de la plus petites à la plus grande, bref toute une virtuosité extrème terminant ainsi ce magnifique concert en apothéose.

Verdi Rigoletto Zürich Opernhaus septembre 2013

Ce soir j'étais à mon premier opéra à Zürich et c'était au delà de toutes mes attentes: exceptionnel! C'est biensûr un opéra en soi hors du commun, d'une dramaturgie intense et complexe. Verdi sait mieux que quiconque mélanger le tragique à un tas d'autres émotions, ce qui rends très souvent les scènes explosives, hors toute mesure ou définition, c'est un génie absolu pour ce qui est de tordre les tripes de son public à travers une histoire prenante, intense, ou se mélange amour, mort, trahison, vanité et tant d'autres choses, et une fin inatendue!

Il sait se faire déchainer les éléments de la nature autant que tout le spectre des émotions humaines. J'étais littéralement envoûté, pris de frissons, de compassions, de rage, bref, je n'aurai pas assez de mots pour traduire ce que trois heures d'opéra, ressentie comme quelques minutes trop courtes, m'ont procuré comme plaisir. Il faut aller voir cet opéra!

Mais tout cela n'aurait pas été aussi exceptionnel si le trio chantant les trois personnages principeaux n'étaient pas d'un niveau exceptionel. En commencant par Rigoletto, chanté par Andrzej Dobber, doté d'un vrai charisme, d'une voix sans faille, une force de la nature, contôlant tout du début à la fin. Le Duc de Mantoue chanté par le ténor Saimir Pirgu était tout aussi excellent, également d'une précision sans faille.

Mais surtout et avant tout j'ai été impressionné au plus haut point par Gilda que chantait la jeune Rosa Feola. Quel voix, quel contrôle, quel légato incroyable, quelle puissance, quelle, quelle, ... elle à tout pour elle, une musicienne hors paire, mon dieu, merci, merci de m'avoir donné la chance de l'avoir entendu dans les plus beaux airs de l'opéra à seulement quelques mètres de moi. Je rêverait de l'entendre dans le rôle de Mimi dans la Bohème de Puccini, mon opéra préféré, je crois que je serais prêt à vendre mon âme, comme Faust, pour avoir une telle occasion.

L'orchestre de l'Opéra de Zürich est tout aussi excellent, son chef, Fabio Luisi, n'a plus à être présenté, tout ça me réjouit fort d'aller écouter les production prochaines de cette belle saison 2013 - 2014 de l'Opéra de Zürich, dont la qualité est sans aucun doute à mettre sur le même pied d'excellence que les plus grands au monde comme le Met, la Scala, etc.

Kunsthaus Zürich, Monet: Le Parlement de Londres

Un autre bâtiment culturel incontournable à Zürich est le Kunsthaus. On peut y admirer une belle collection d'oeuvres allant du Moyen-âge à la période contemporaine.

www.kunsthaus.ch

Tous les mercredis l'entrée est gratuite pour tout le monde pour la collection permanente. Il y a parfois des expositions temporaires, comme celle de Chagal qui avait lieu de février à mai, pour lesquelles il faut payer une entrée.

Je m'y suis donc promené un beau jour, le mercredi 29 mai, et ai eu la joie d'y admirer des petits tableaux de mon très cher Bruegel mais aussi des Dali, Picasso et surtout Monet dont ce magnifique "Parlement de Londres".

Ce tableau fait partie d'une série de 19 tableaux, représentant tous la même chose avec la même prise de vue mais avec des éclairages et lumières différente.

Monet à peint ces tableaux entre 1900 et 1904, les premiers à Londres lors de son deuxième séjour et les autres chez lui en France d'après des photographies. Cela montre bien que l'important, pour Monet et les impressionnistes, n'était plus le sujet mais la façon dont on perçoit le sujet, l'impression qu'il nous fait...

Les 18 autres tableaux sont dispersé dans divers musées à travers le monde: New-York (2), Waschington, Chicago, Atlanta, Krefeld, Lille, Paris (2), Le Havre, Saint-Petersbourg en Floride, au New Jersey et Moscou.

Opernhaus Erröfnungsfest ou la fête d'ouverture de l'Opéra de Zürich

Le 21 septembre 2013 à 10h l'Opéra de Zürich à ouvert ses portes au public afin de leur donner un apperçu de tout ce qu'il s'y passe et l'occasion de se promener dans des endroits dont l'accès est habituellement réservé au personnel.

Pour commencer à 10h il y avait l'échauffement des danseurs du Ballet dans la magnifique grande salle à l'italienne de l'Opéra. Plus tard un récital de bel canto à un autre endroit, une répétition d'une pièce du Ballet, une répétition des choeurs de l'Opéra, l'accès aux coulissent de la scène ainsi qu'au département qui s'occupe des costumes et des décors, des concerts en plein air sur la place devant l'Opéra, un tas d'activités prévues pour les enfants et le soir une répétition de Rigoletto dans la grande salle.

Ce beau jour ensoleillé aura ainsi marqué, en même temps que le début de l'automne, l'ouverture de la saison 2013 - 2014 pendant laquelle on aura le droit à des opéras de Verdi, Wagner, Mozart, Bizet, Puccini, etc.

Mais aussi a de nombreux ballets dont certains du nouveau directeur du Ballet de Zürich: Christian Spuck. Et parfois des concerts symphoniques avec par exemple Lise de la Salle ainsi que des concerts de musique de chambre.

A suivre sur le site de Opernhaus Zürich: www.opernhaus.ch

Krystian Zimerman, Concerto de Lutoslawski au Tonhalle Zürich

Les premiers mois à Zürich, je me balade dans la ville et à ma grande surprise je vois cette affiche de Zimerman pour annoncer qu'il jouera le concerto de Lutoslawski à Luzern. Quand j'étais étudiant au Conservatoire de Bruxelles j'ai été le voir en récital deux ou trois fois au Palais des Beaux Arts et ça m'a chaque fois laissé un souvenir très fort. Ayant déménagé ensuite à Bordeaux, ma grande déception était qu'il ne se produisait jamais dans cette ville. La ville la plus proche ou il jouait parfois était Toulouse. 

J'ai finalement été l'écouter dans son programme Chopin Salle Pleyel à Paris lors du bicentenaire de la naissance du compositeur, c'était magnifique, la troisième sonate en particulier, que j'aime par dessus toutes les sonates. Immense était donc ma joie lorsque j'apperçu cette affiche. Je savais qu'il jouait à Zürich car j'avais vu dans la programmation du Tonhalle de Zürich que je venais de rater son récital ou il à joué les études de Debussy. Dans la programmation future était prévu trois concerts avec le Tonhalle-Orchester Zürich et David Zinman, son chef permanent.

J'ai eu la chance d'être invité par mon élève belge à un des trois concerts et d'entendre de nouveau mon cher Krystian dans ce concerto qui lui a été dédié et qu'il joue depuis de nombreuses années. J'ai découvert son enregistrement il y a quelques années et l'ai écouté des dizaines de fois, essayant de comprendre la musique de Lutoslawski. J'ai fini par vraiment aimer cette musique au point de vouloir la jouer un jour moi-même. Entendre Zimerman en direct jouant ce concerto était à nouveau une expérience unique. Il n'a pas perdu sa fougue, sa puissance, j'ai littéralement été saisi, absorbé, étonné, captivé par son jeu et la force de l'oeuvre. Bref, j'ai assisté à mon premier concert de Zimerman à Zürich!