Nelson Freire, Beethoven 4, Mahler 1

Cette saison 2013 - 2014 il y a deux choses que je ne voulais pas rater: les symphonies de Mahler et Nelson Freire. Il se trouve que le 13 octobre 2013 Freire jouait le 4e concerto de Beethoven et en deuxième partie était prévu la première symphonie de Mahler avec l'orchestre symphonique de Sao Paulo sous la direction de Martin Alsop (que j'avais déjà vu diriger lors des finales d'un des derniers Concours Reine Elisabeth en Belgique).

La première oeuvre était Terra Brasilis de Clarice Assad, fantaisie sur le thème national du Brésil. Bien que courte, cette oeuvre était assez amusante et folklorique. J'ai cru entendre plusieurs allusions à d'autres thèmes que je ne connaissait malheureusement que d'oreille.

Après que le piano ait été placé au milieu de la scène, notre cher Nelson Freire est entré à son tour d'un petit pas détendu qu'on lui connaît bien, à salué humblement le public s'est assis au piano et à commencé à jouer l'introduction en accords de ce magnifique concerto no.4 de Beethoven. Puis l'orchestre lui à donné la réplique en répétant le thème. Une chose m'a frappé, autant chez Freire que l'Orchestre, qui à mon avis est une caractéristique des pays du Sud et de ce fait très différent des orchestres suisses: le fait qu'ils privilégient l'émotion à la précision. Il ne s'agit pas du tout d'un manque de précision chez Freire mais il était assez clair que ce pianiste à une sensibilité musicale qui prime sur le souci de jouer toutes les notes sans fautes, bien qu'il n'en rate pas une. J'ai été charmé par ce son doux, sensible, chantant, ses accords timbrés, un contrôle d'une maturité incroyable. Cet homme ne joue plus du piano, il crée des sons et des parfums qui tournent dans l'air du soir.

En bis il à joué un choral de Bach d'un calme tout aussi absolu, d'une beauté encore plus incroyable et est reparti comme il est venu, calme, serain, humble, nous laissant en présence d'un rêve. A la pause, Christina Leistner et moi sommes allé le voir et avons été très agréablement surpris de la gentillesse et la simplicité de ce géant du piano.

La première Symphonie de Mahler est déjà une oeuvre qui contient tout Mahler. J'ai réalisé pour la première fois qu'il utilise la quinte descendante tout au long de cette symphonie en la manipulant et transformant, donnant ainsi à ce thème principal les caractères les plus extrèmes. Mème dans le fameux frère jacques (ou freire jacques) du troisième mouvement on a une quinte montante divisée en deux montées de trois notes et terminant par une quinte descendante. L'orchestre de Sao Paolo est vraiment capable de se déchainer quand il le veut, j'ai été très impressionné par cette puissance dévastatrice que Mahler oppose sans cesse à ces mélodies enfantine, ces moments qui expriment la beauté de la nature, l'amour, les danses folkloriques et juives. A chaque fois que j'écoute une symphonie de Mahler je les comprends mieux et les aiment toujours plus mais j'en ressort aussi plus affecté. Cette musique est géniale mais terrible.

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