Woyzeck de Spuck au Ballet de Zürich

Je n'ai pas souvent été voir des ballets dans ma vie, mais les fois ou j'y suis allé j'ai toujours été très marqué. Cette fois-ci également. La danse alliée à la musique a véritablement une très grande force d'expression. Il ne s'agit en réalité que de gens qui bougent leur corps en synchronisation avec de la musique, sans paroles, sans texte, sans explications véritables, mais cela dégage d'autant plus d'émotions. Ces corps faisant des mouvements inhabituels, paraissant tantôt absurde, chocant, malade, idiot, tantôt élégant, fluide, léger, tout cela a un impacte très puissant sur notre réceptivité émotive. Allié à une musique bien chosie, c'est même dévastateur.

Christian Spuck, le nouveau directeur du Ballet de Zürich, à l'air d'être un homme inspiré, novateur et cultivé. Les gestes qu'il fait faire aux danseurs m'ont eu l'air d'être un savant juste milieu entre tradition et modernité. Une façon de rester dans un cadre tout en proposant du nouveau. Il s'agit presque de théâtre, les personnages étant tellement carricaturés, c'était évident, clair et très expressif. Certains gestes étaient grotesquent, donnant une touche humoristique à cette histoire finalement très triste.

Le personnage principal, dansé par Jan Casier, qui danse presque en permanence et dont on peut hautement saluer la performance physique exceptionelle, subit un sort terrible entre sa malchance, sa femme qui en aime un autre, les traitements chocants des médecins qui font des expériences sur lui, et la folie qui finalement l'empare l'amenant à tuer celle qu'il aime. Tout cela accompagné par une chorégraphie tissée comme une savante toile de mouvements font de cet oeuvre de Christian Spuck un chef d'oeuvre du Ballet à mes yeux.

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