Jean-Yves Thibaudet joue le 2e de Liszt à Zürich

Thibaudet, le légendaire pianiste français vivant aux Etats-Unis et dont les cachets sont parmi les plus élevés. Ses costumes hors de prix, son gôut pour le chic, ses magnifiques photos, sa coiffure impeccable, voici comment j'ai d'abord entendu parler de ce pianiste. Mais en écoutant ses enregistrements et en regardant quelques videos, dont le 5e concerto de Saint-Saens, j'ai très vite apprécié son jeu original et intelligent.

Ce soir du 2 novembre 2013 j'ai eu l'occasion de l'entendre pour la première fois en concert et en plus dans un de mes concertos préféré que j'ai moi-même travaillé et joué il y a quelques années. Ce deuxième concerto de Liszt laisse beaucoup plus de place au lyrisme que le premier. Il y a certes toujours ses passages endiablés qui demandent toute l'énergie du pianist et une grande technique mais aussi de merveilleux moments de pure beauté.

Thibaudet joue ce concerto depuis bien longtemps, l'ayant enregistré assez jeune. J'ai été étonné et émerveillé par la puissance de son jeu en contraste direct avec des moments d'une magnifique maîtrise du son et des couleurs. Thibaudet à une énergie incroyable quand les éléments de la nature se déchaînent dans ce concerto et il maîtrise aussi incroyablement bien l'art de faire sonner un piano dans les passages chantés comme Horowitz en avait découvert le secret. Son bis, la consolation no.3 de Liszt nous l'a encore bien prouvé.

Ayant bien apprécié le Don Juan de Strauss en première partie j'ai surtout été émerveillé par Die Seejungfrau de Alexander Zemlinsky. Se rapprochant parfois de Brahms et de Mahler ce compositeur viennois s'impose facilement et se distingue très bien de ses aînés. Cette oeuvre pour orchestre de 45 minutes passe par toutes les émotions sans jamais déranger le moins du monde, c'est comme si cette musique nous est familière depuis bien longtemps alors que je venais de la découvrir.

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