Kurt Masur à Zürich

Le bon vieux Kurt Masur nous a donné un concert très touchant hier soir au Tonhalle de Zürich. Je ne l'avais jamais vu en concert et ai été très surpris de le voir monter sur scène en chaîse roulante ne pouvant que très peu bouger. Je viens de lire qu'il est atteint de parkinson et qu'il à en réalité déjà 86 ans! La dernière fois que je l'ai vu c'était dans un documentaire au sujet de Anne-Sophie Mutter ou il parle de leur collaboration lors de nombreux concerts et ou il est encore bien en chair et bon vivant.

Cela n'a en rien diminué la qualité du concert, sans doute même au contraire, le peu de gestes qu'il fait à probablement eu pour effet sur l'orchestre de concentrer leur attention. On sentait bien le très grand respect que l'orchestre et le public avaient pour le maestro.

J'étais parti avec un appriori sur les deux symphonies, ne sachant plus si je les connaissait j'avais un peu peur de m'ennuyer. Mais au début de la 4e de Schumann j'ai reconnu tout de suite que c'était celle que j'aimais le plus des 4 et que j'ai beaucoup écouté dans ma jeunesse. Les thèmes de cette symphonie sont magnifiquent et vous restent dans la tête pendant longtemps. Tout est réussi dans cette oeuvre, et le contraste avec celle de Dvorak qui suit est bien clair: c'était bien de la musique allemande, sérieuse, dense, le Schumann romantique et tourmenté, le climat de l'Allemagne était dans chaque note.

La 8e de Dvorak elle aussi je la connais assez bien et m'a beaucou plu contrairement à mes attentes. Surtout le début et la fin, très fort et très marqué. Dvorak contrairement à Schumann est plus slave, parle plus de son pays et de ses chants typiques. L'instrumentation est très différente aussi, il y a beaucou plus de solo d'instruments à vents, comme le hautbois, et les couleurs orchestrales sont plus légères et charmantes pour l'oreille, il s'en dégage plus de fraîcheur.

C'était donc un programme assez sérieux et de premier abord assez difficile d'accès mais en réalité très prenant et passionnant. Le public s'est levé et à longtemps applaudi le grand Kurt Masur, j'ai ressenti cette standing ovation de la fin comme une peur de la part du public de ne plus revoir le viex maître sur la scène Zürichoise, c'était très touchant, espérons le contraire.

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