Konstin Scherbakov et Beethoven au Tonhalle de Zürich

Mon père avait à la maison les partitions des tranascritpions des symphonies de Beethoven par Liszt et un enregistrement de Cyprien Katsaris. Je les ai beaucoup écouté et plus tard, vers 13 ans, j'ai essayé de les lire me rendant rapidement compte à quel point c'est presque impossible à jouer. Pour moi, comme pour beaucoup d'autres pianistes, ces oeuvres sont restées un monument immense et inaccessible. J'ai découvert plus tard quelques autres pianistes qui ont enregistré ces symphonies mais aucun ne m'a jamais convaincu, la difficulté étant trop audible, jusqu'à ce que j'achète l'oeuvre complète en cours d'édition de Liszt chez Naxos. Le pianiste ayant enregistré les symphonies pour ce label, un certin Konstantin Scherbakov, m'avait complètement convaincu et j'avais ainsi trouvé le deuxième homme au monde capable de jouer ces oeuvres.

C'est comme ça que j'ai découvert ce pianiste incroyable. Plus tard j'ai aussi écouté ces enregistrement des Etudes d'exécution transcendante de Lyapunov et les concertos de Medtner entre autres. Scherbakov a enregistré un nombre incroyable de disques et abordés de nombreux compositeurs inconnus, ce qui est également une qualité rare que j'admire. En arrivant à Zürich j'appris que ce géant du piano enseignait au conservatoire ainsi que Zakar Bron, l'autre géant, pédagogue du violon.

Hier soir donc je suis aller l'écouter dans son récital Beethoven dans la grande salle du Tonhalle de Zürich. Peu de pianistes jouent dans la grande salle quand ils font un récital solo, et encore moins arrivent à la remplir! Je me suis alors bien rendu compte à quel point il est connu et apprécié du public mélomane. Il a joué trois bagatelles op.126 de Beethoven pour commencer en douceur son récital. Tout de suite j'ai été étonné de la douceur du son et la "patte russe" dans son jeu. Il a ensuite joué deux des plus célèbres sonates de Beethoven: la Pathétique et Au clair de lune. Merveilleuse toutes les deux, le dernier mouvement de la dernière était particulièrement impressionnant.

Après la pause, le clou du récital: la 6e symphonie de Beethoven, dite Pastorale, transcrite par le génial Franz Liszt. Tout était d'une impeccable maîtrise, Scherbakov à réellement une technique incroyable doublé d'un musicien intelligent et sensible. Même les passages les plus difficiles dans l'orage, qui en principe nécéssite tout un orchestre pour rendre le maximum des effets sonores, sonnaient merveilleusement au piano, on aurait cru que c'était une autre sonate que Scherbakov jouait. Après ce tour de force et ravissement pour les oreilles le public à chaudement applaudi. Svherbakov est venu saluer son public très humblement, comme si il venait de jouer que des bagatelles, à donné au public un bis, que je ne conaissait pas du tout mais qui sonnait très russe, pour cloturer en douceur ce merveilleux et unique récital du 11 du 12 du 13...

Aucun commentaire: