Zauberflöte - moZart - Zürich


Le pouvoir magique de la musique est qu'au plus on écoute une oeuvre plus on l'aime, ce qui est l'effet inverse de la plupart des autres choses ici-bas. Je connais cet opéra sans doute mieux que n'importe quel autre opéra, je l'ai entendu depuis ma naissance, c'est le premier que j'ai déchiffré, le premier que j'ai accompagné, le premier que j'ai vu sur scène, le premier dvd que j'ai acheté; depuis je lécoutes, le réécoutes, le relis, le chante, je connais quasi chaque mot et chaque note par coeur et je l'aimes toujours plus.

Entre une histoire amusante pour enfants, un message maçonnique, une analyse psychologique de la situation familiale père-mère-fille et de la situation entre deux amants, un message d'amour; impossible de vraiment définir cette oeuvre qui est l'une des dernières de Mozart, composée d'ailleurs à la même période que le réquiem qui est une messe de mort, soit l'opposé de cet opéra humoristique.

Ce qui m'a aussi frappé, un jour que je suivais la partition en lécoutant, est que chaque mélodie et harmonie chantent pour elles-mêmes, l'on comprend presque intuitivement les sentiments que portent la musique sans en connaître le texte. C'est quand on lit le texte en même temps que l'on se rend compte à quel point les deux s'accordent à la perfection. Et ceci d'un bout à l'autre de l'oeuvre.

Le tour de force et ce qui prouve le génie de Mozart est sans doute aussi que cet opéra parrait complètement "normal": tout le monde connait les airs de la reine de la nuit ou de papageno ou les a au moins déjà entendus, et pourtant il continue à fasciner, à surprendre, il parait toujours nouveau. On garde toujours ce sentiment d'être en présence de quelquechose d'exceptionel même après en avoir découvert l'envers du décors et d'avoir vécu en sa présence pendant des années.

Mais ce soir, lors de cette première à Zürich c'est Mari Eriksmoen qui m'a particulièrement séduite dans le rôle de Pamina. Sa voix d'une beauté envoûtante, son sens de la musique et des phrases, son jeu, sa présence, tout était magnifique. Mozart n'a pas mis ce rôle au centre de l'opéra pour rien je penses, et ne lui à pas donné les plus belles mélodies par hasard. J'aimes croire que le message final que Mozart à voulu donner au monde à la fin de sa vie, caché derrière le rire et l'absurde pour que cela passe plus facilement sans doute, est que l'amour est bien la plus belle chose qui soit, l'amour entre deux amants mais probablement aussi ou surtout l'amour entre les êtres humains.


Récital d'Aaron Pilsan à Zürich

Ce jeune pianiste autrichien de 19 ans qui a déjà joué dans la plupart des grandes salles en Europe s'est produit ce soir dans la Kleine Saal du Tonhalle. C'était un des concerts de la Série jeunes mis en place pas le Tonhalle de Zürich.

Bien qu'irréprochable, plein d'inventivité et de fougue, la première partie du récital était plutôt en demi teinte. C'était peu-être un sentiment personnel mais quelque chose ne passait pas. Brillante sonate de Haydn, avec des prises de risques amusantes du aux tempi parfois excessifs, suivie de la Wandererfantasie de Schubert toute aussi impressionnante.

Une qualité constante chez Aaron est le son plein et jamais dur de son jeu, mais justement j'aurais bien aimé en avoir de temps en temps de ces sons un peu agressifs qui auraient témoignés d'un peu d'émotions personnelles, ce qui nous auraient plus touché qu'un jeu calculé et de "bon goût".

Entendons-nous bien il ne s'agit ici que d'infîmes détails car nous étions bien en présence d'un immense talent et le récital était de la plus haute qualitée, aucune remise en question à ce niveau là.

Kreisleriana de Schuman qui terminait le récital en était la preuve flagrante. A partir de cette oeuvre j'étais enfin absorbé par la musique. Aaron est jeune est en posséde encore les qualitées qui sont la fougue, le plaisir de prendre des risques, ce qui nous amuse tout autant, et de la franchise.

En bis il nous a annoncé trois valses de Schubert et sous les applaudissements acharnés du public il nous a sorti, en deuxième bis, une oeuvre qu'à mon avis il n'avait pas prévu de jouer ce soir là. Il s'est excusé en disant qu'il espère que l'Andante Spianato et Grande Polonaise de Chopin qu'il allait nous jouer ne serait pas trop long. C'était magnifique, sous les hourras et tonnerres d'applaudissement s'est terminé ce superbe et surprenant récital d'Aaron Pilsan.

David Fray joue le 22e de Mozart à Zürich

David Fray, le pianiste français que l'on à beaucoup comparé à Glenn Gould du fait qu'il se soit fait connaître par son brillant enregistrement des concertos de Bach. Le personage que Fray s'est créé se rapproche aussi un peu de Gould, il chante en jouant tout comme lui, est recourbé sur son clavier, absorbé par son jeu, en dehors de toute réalité quand il joue ou quand il dirige l'orchestre qui l'accompagne dans les concertos.

Ont suivis ensuite du Schubert et des concertos de Mozart, toujours aussi brillant, fin, subtil, doux, d'un sens musical clair et sûr, une autorité incontestable en même temps qu'un calme et une grande douceure. Il est de ces pianistes qui fascinent quand il jouent car l'on se demande tout au long du jeu ce qui est en train de se passer sans jamais vraiment arriver à comprendre.

Ce soir à Zürich il à joué le 22e concerto de Mozart. Ce concerto moins connu que les deux illustres qui l'entourent, à savoir le 21 dont le mouvement lent est sans doute le plus connu de tous, et le 23e dont le mouvement lent et ses grands sauts de mélodies fascinent le monde des pianistes depuis toujours et séduit tous les mélomanes.

Il est sans doute moins connu que les deux autres du fait qu'il est très étrange, plein de surprises et difficile à saisir dans son ensemble. Mozart joue avec la forme, les thèmes, innove sans arrêt, perturbe, surprend, et finallement désoriente l'auditeur par trop de génie. Mais avec du temps et de la patience on finit par mieux comprendre cette oeuvre et même l'aimerer plus que les autres, comme c'est souvent le cas en musique.

Mozart était un des plus grans génies de tous les temps et Fray est largement à la hauteur pour nous le prouver. Comme quoi même quand on est très parisien, avec des airs supérieurs et aristocrates comme ceux qu'il se prête on peut saisir l'essence de la musique d'un génie Autrichien. Ce qui nous ramène toujours à cette même conclusion: la musique est un language universel.

Lohengrin à Zürich

Lohengrin
Mon premier opéra cette saison. Je n'ai pas commencé par le plus façile, car Lohengrin de Richard Wagner est un opéra qui dure plus de quatre heures. Je suis rentré à 17h et ressorti vers 22h, il faut compter deux pauses de 20 minutes. De Wagner j'avais déjà vu Der Fliegende Hollander à Bruxelles et Tannhäuser à Bordeaux et les deux m'avaient beaucoup impressionnés. Finallement je suis en train de les découvrir dans l'ordre car c'est son troisième opéra sans compter les oeuvres de jeunesse. J'avais aussi déjà vu Der Ring des Nibelungen en DVD, la version de Chéreau et Boulez, mais ce n'est pas pareil qu'à l'opéra biensûr!

Contrairement à beaucoup de versions que l'on peut voir sur Youtube ou en DVD, ou je trouve que souvent les chanteurs chantent terriblement mal, avec de larges et gras vibratos ou tout simplement faux, le casting de Zürich était excellent. Car à mon avis Wagner est déjà assez difficile à apprécier quand on ne le connaît pas et le genre de chanteurs que j'ai évoqué en premier le desservent malheureusement plus qu'autre chose, stigmatisant la musique de Wagner par des adjectifs comme "lourd" "pompeux" etc. Ce sont déjà des opéras suffisemment longs et complexes musicalement, il faut vraiment des chanteurs excellent, sinon c'est insoutenable.

Le premier acte est très prennant, la musique est d'un génial absolu, toute la puissance de Wagner est là, son génie est hors du commun, il arrive à des extrèmes émotionnelles sans précédent. Aussi bien l'histoire que les thèmes utilisés (dans l'histoire et musicaux), la musique en accord avec l'action, avec les émotions, les personnages, tout se tient, tout est lié, enchevêtré, tout prends sens, c'est du génie absolu, c'est évident. Dans Lohengrin il y a des passages ou les personnages sont fiers d'appartenir à leur pays, il y a ce genre de patriotisme qui d'un certain point de vue peut sembler ridicule mais d'un autre cöté j'ai senti la force que dégage un tel enthousiasme de masse pour une appartenance commune, ajouté à cela une musique grandiose, l'effet est colossale! C'est une force qu'a Wagner je dois dire, tant que cela reste sur scène à l'opéra...

J'ai trouvé le deuxième acte un peu plus faible et long mais le troisième était de nouveau très prennant (c'est aussi par là qu'il à commencé à composer son opéra). Finallement on ressort toujours avec un tas de sujets et morales à méditer après un opéra de Wagner. C'était un homme peu recommendable, mégalomane et très égoïste mais un génie tout de même avec de grandes idées.

p.s. la première de cet opéra était sous la bagette de Franz Liszt à Weimar et était un grand succès en grande partie du fait de la présence de Liszt...

Lionel Bringuier et Yuja Wang, Tonhalle de Zürich

Ah que je suis heureux de vivre à Zürich. La saison dernière j'ai assisté à 35 concerts et opéras et je dois dire qu'on à vraiment eu une magnifique programmation d'une excellente qualité.

Cette nouvelle saison 2014-2015 vient donc de commencer sur les chapeaux de roues avec deux concerts d'ouverture nous présentant notre cher Lionel Bringuier, nouveau chef permanent de l'Ochestre du Tonhalle de Zürich, Yuja Wang, pianiste en résidence cette saison, elle jouera plus tard dans la saison le 3e de Rachmaninov (avec lequel l'orchestre part en tournée), le 1er de Tchaikovski et un concert de musique de chambre, et Esa-Pekka Salonel de qui nous pourrons découvrir de nouvelles oeuvres tout au long de la saison.

Je ne suis pas particulièrement fan de musique contemporaine mais régulièrement je découvre quelque chose de nouveau en concert et j'en suis souvent très heureux. Ce jeudi 11 septembre c'était la création de Karawane de Esa-Pekka Salonen. Le compositeur était présent et a même travaillé avec Lionel les jours précédants les concerts. Cette oeuvre pour choeur et orchestre de 25 minutes s'est imposée par sa puissance, sa beauté, parfois brutale, parfois très rythmique et cadencée tout en formant un ensemble unique et dense. La technique de battue de Lionel, changant de mesure très souvent dans cette oeuvre ainsi que de tempo, est très impressionnante et précise. Les yeux dans les yeux avec l'orchestre et d'une énérgie sans limite, c'est en effet un véritable Lion, comme l'a introduit Martin Vollenwyder, le nouveau président du Tonhalle-Gesellschaft Zürich, au début du concert.

Le 2e concerto pour piano de Prokofiev est connu pour être un des plus difficile et exigeant du répertoire. Yuja Wang est déjà assez connue pour ce genre de répertoire et particulièrement pour ce concerto qui lui va à merveille et dans lequel elle peut bien mettre en évidence l'énergie débordante et la technique incroyable qui l'ont rendue célèbre.

Il y a des passages d'une immense douceur et d'une beauté harmonique très dense et puis régulièrement d'autres moments plus endiablés. La cadence du premier mouvement par exemple où on à l'impression que tous les éléments de l'univers se concentrent dans ces quelques minutes de folie pianistique pour ensuite éclater dans l'immensité lorsque l'orchestre revient avec de grands accords soutenant les arpèges du piano, donnant l'impression que Lucifer lui même vient de rentrer en grande pompe sur scène. J'en étais pétrifié!

Le moto perpetuo du 2e mouvement n'est pas moins impressionnant, puis les 3e et le 4e mouvements s'en suivent sans nous laisser de repos, surtout le dernier, d'une furreur inouïe, à se demander comment cette petite pianiste chinoise fait pour faire sonner le monstre noir qu'elle a en face d'elle et qu'elle massacre au service de la musique remplissant toute la salle d'une sonorité puissante. J'attends avec impatience les deux autres concertos de la saison!

En bon français et chef d'orchestre Lionel a terminé ce concert par la gigantesque Symphonie Fantastique de Hector Berlioz. Ce dernier était un orchestrateur novateur et était doué d'un génie très particulier. Le titre original étant "Episodes de la vie d'un artiste" il est assez façile de suivre les différentes scènes parcourues de ce thème récurant, appelé l'idée fixe, représentant sa bien-aimée. Les 5 scènes: Rêveries, Un bal (dans laquelle on a pu entendre l'excellente nouvelle harpiste, Sarah Verrue, qui vient d'être nommée à l'orchestre et qui est une compatriote charmante que j'ai eu l'immense honneur de rencontrer), scène aux champs, Marche au supplice et Songe d'une nuit de Sabbat passent par toutes les émotions possibles et immaginables, explorent toutes les possibilités de l'orchestre qui sont immenses pour celui du Tonhalle de Zürich sous la direction de Lionel Bringuier et ont amené le public à une standing ovation clôturant ce magnifique concert, ouvrant cette nouvelles saison de façon extraordinaire et promettant une passionnante nouvelle aventure qui n'a fait que commencer ce soir à Zürich pour le plus grand plaisir des mélomanes zürichois.

Mitsuko Uchida à Zürich

Notre cher David Zinman, chef du Tonhalle Orchester de Zürich, quittera son poste fin de la saison et sera succédé par le jeune chef français Lionel Bringuier. Pour terminer en beauté Zinman a décidé de faire une dernière fois l'intégrale des symphonies et des concertos pour piano de Beethoven. Cette série à commençé par le 3e concerto avec Radu Lupu que j'ai malheureusement raté, et la 3e symphonie. Le suivant était avec les symphonies 1 et 6 et Andras Schiff jouant le 4e concerto.

Le troisième etait avec Mitsuko Uchida jouant le 5e concerto, et en deuxième partie la 7e symphonie. Uchida est très connue pour ses enregistrement de Mozart, Beethoven et Schubert. Moi je l'ai découvert avec son disque des études de Debussy et l'intégrale des sonates de Mozart. Avec elle tout est toujours clair et limpide et d'une extrème exactitude.

Ce concerto porte le titre d'Empereur, titre donné par un éditeur voulant souligné le fait que c'est le dernier et le plus grand des 5 concertos. Uchida nous en a d'ailleurs donné une version impériale, majestueuse, pleine d'énergie et d'intelligence. Cette femme ne joue vraiment rien à moitié et déploie une energie incroyable, donnant toute de sa personne dans chaque note du début à la fin. Je suis vraiment heureux d'avoir pu entendire cette légendaire pianiste à Zürich. La salle était d'ailleurs plus que pleine, comme pour Sokolov ils avaient ajoutés des chaises dans le couloir. Pour le public enthousiaste elle à joué une partie du carnaval de Schumann, c'étai merveilleux.

Sokolov à Zürich

La légende Sokolov, j'avais entendu parler. Mais je ne comprenais pas, bien qu'ayant entendu ces enregistrements live, ce qu'on lui trouvait de plus qu'aux autres grands pianistes. Eh bien c'est à ce concert du vendredi 16 mai 2014, dans la grande salle du Tonhalle de Zürich que j'ai découvert et vécu la le myte Sokolov. Les concerts qui m'ont le plus marqués sont ceux de Krystian Zimerman. A présent j'ai découvert qu'il existe une autre alternative. Aux antipodes tous les deux ce sont des génies du concert comme le devais être Liszt.

Quand j'essaye d'expliquer aux gens que ce concert était un des meilleurs que j'ai entendu, la façon la plus simple de leur faire comprendre ce que j'ai ressenti est de leur dire que je suis resté les yeux fixant le vague, mon souffle quasiment coupé, mon attention ininterrompue pendant 3 heures de concert, capté totalement par chaque son émanant du jeu du virtuose russe. On pourrait dire parfois qu'il en fait trop ou qu'il joue trop lentement, mais personellement j'ai été entièrement convaincu par ses options de jeu. Il garde une telle intensité d'un bout à l'autre de chaque oeuvre qu'il m'était impossible de bouger ou de penser à quoi que ce soit d'autre, et quand on croit qu'il est au maximum il la fait encore monter.

Ce qu'il y a d'extraordinaire aussi c'est que ce pianiste n'a visiblement que faire de son apparence, on ne trouve aucune photo de lui si ce n'est des photos de concert, il ne veut faire aucun enregistrement studio ne voulant pas perdre le spontanéité d'un concert et de ce fait n'a que des enregistrements live, ne fait aucune publicité (tout comme Zimerman d'ailleurs), et arrive malgré tout à remplir entièrement la grande salle du Tonhalle ou l'on avait même ajouté des chaises dans les couloirs et sur scène.

Après chaque oeuvre il se lève salue rapidement et disparait, puis revient simplement resalue et commence à jouer sans se soucier du public. Tout est dans son jeu et exclusivement là, rien à part cela n'a d'importance pour ce pianiste et je pense que c'est une leçon que nous pouvons tous retenir dans cette époque de multimédia et de marketing qui fait des artistes des produits de commerce, des objets victimes du show business.

Il a joué la 3e sonate de Chopin qui est divinement belle et 10 Mazurkas après la pauze. Les 6 bis qu'il à joué étaient les impromptus de Schubert op.90 nos.2,3,4, le Klavierstück D946 no.2, une Mazurka de Chopin et une oeuvre simple et jolie que je ne connais pas. Le public n'en revenait pas, était debout après chaque bis, applaudissant et criant bravo. Ayant commencé à 19h30 le concert s'est terminé à 22h30 et j'ai eu l'impression qu'il s'était écoulé une demi heure!

Krystian Zimerman

Rien à voir avec Zürich si ce n'est que ce merveilleux pianiste, celui que j'admire le plus parmi les legendes vivantes, s'y produit, à mon grand bonheure, régulièrement.

Ici une de ses dernières et rares vidéos, jouant ma sonate de prédilection de façon indescriptible: c'est tout simplement un miracle d'équilibre, de bon sens, de simplicité et de spontanéité en même temps.



Sleeping Beauty de Mats Ek

Yen Han. Photo: Bettina Stöss
Jamais deux sans trois, Sleeping Beauty du chorégraphe Mats Ek était donc mon troisième ballet à Zürich. Toujours autant enthousiaste de l'inventivité, la créativité, l'humour et la recherche des excès des chorégraphes actuels.

Le rôle principal, celui de la princesse Aurore, était dansé par la soliste Yen Han. Cette femme assez frêle, fine et très élégante, qui n'a l'air de rien de premier abord est douée d'un force d'expression hallucinante. La vitesse, la précision et la portée de ses mouvements ont totalement capté mon attention dès qu'elle apparaissait sur scène.

Mais le ballet à en réalité commencé par un duo que j'ai adoré: Mélanie Borel tenait le rôle de la Reine Sylvia et Filipe Portugal, que je trouve très élégant, fin et subtil ainsi que bon acteur, le rôle du Roi Florestan.

Autre trio qui s'est étendu à un quatuor est celui, très comique, truffé de pointes d'humour, des quatre fées. Ayant chacune un caractère bien marqué et caricaturé elles ont jouée le jeux avec beaucoup d'enthousiasme. Juliette Brunner, la fée d'or, très élégante et subtile. Galina Mihaylova, la fée émeraude, naturelle et fraîche. Irmina Kopaczynska, la fée argent, directe et franche. Et l'italienne Giulia Tonelli, la fée rubis, aguichante et provocatrice

Eva Dewaele quand à elle tenait le rôle tout aussi humoristique de la grand-mère qui nous apparaît d'abord comme une petite vielle recroquevillée sur elle même et capable seulement de peu de mouvements quand soudainement elle nous fait une série de sauts et de cabrioles en l'air, se défendant de Carabosse (dansé par le très talentueux arménien Arman Grygorian) qui lui fait faire une roue et finit par se prendre son sac dans la tête. Un peu plus tard surviennent même une quirielle de grands-mères, portant toutes le même costume très amusant et superbement dessiné, dans une chorégrafie endiablée.

Les détails des décors et objets divers amenés sur scène étaient aussi très originals comme cette petite voiture grotesque que conduisent le couple royal au début et plus tard la Princesse et Carabosse. Le ballet avait commencé par la Reine accouchant d'un oeuf blanc, évoquant ainsi la venue au monde de la Pricesse Aurore. Celle-ci accouche à son tour, à la fin du ballet, d'un oeuf mauve, couleur que portait Carabosse...


Gidon Kremer au Tonhalle avec Beethoven

Je connais Gidon Kremer du fait qu'il ait eut un prix au Concours Reine Elisabeth en Belgique. Il est né à Riga comme ma grand-mère paternelle et est un élève de David Oistrack qui est un des grands violonistes russes que l'on admire tous.

Gidon Kremer n'étais pas venu jouer au Tonhalle de Zürich depuis 25 ans. Le public zürichois à donc eu le privilège immense de revoir cet artiste hors du commun venir jouer le concerto de Beethoven pour violon, qui est un des plus longs et difficiles du répertoire. Hors du commun dans le sens ou, en plus d'être un intérprète de référence du répertoire classique, il s'est très souvent aventuré dans d'autres styles de musiques comme la musique contemporaine, les tangos de Piazzolla etc, et à fondé son ensemble contemporain portant le nom de Kremerata avec lequel il à fait de nombreux concerts durant beaucoup d'années.

Les cadences du concerto étaient de la composition de Kremer lui-même, s'étant inspiré de la cadence que Beethoven a écrit pour sa version piano du concerto. Les tymbales et quelques instrument à vent y jouent leur rôle également et je dois dire que l'ensemble était plutôt surprenant. Et puis comme bis il nous à sorti un morceau pour violon solo d'un compositeur issu de Kiev, dont je n'ai malheureusement pas compris le nom, en hommage aux horreurs qui s'y passent en ce moment.

Deuxième partie du programme était la 4e et dernière sysmphonie de Brahms par David Zinman et son orchestre du Tonhalle de Zürich. Cette symphonie n'est pas façile d'accès et n'a d'ailleurs reçu qu'un accueil mitigé lors de sa création, mais Brahms n'est pas un compositeur qui se laisse approcher façilement, même quand on est un musicien professionel. Par contre une fois qu'on à attrappé le virus on ne peut plus s'en défaire et ça devient alors la musique la plus géniale au monde.

Pour terminer je me dois dire dire qu'un coffret est sorti il y a peu de temps rassemblant tout les enregistrements que l'Orchestre du Tonhalle de Zürich à fait, soit près de 60 disques je crois et est disponible au Tonhalle. Il rassemble plusieurs intégrales de symphonies dont celles de Mahler, Brahms, Beethoven, Dvorak etc.

La symphonie du nouveau monde de Dvorak à Zürich

Dvorak, sa famille et amis à New York en 1892
La musique de Dvorak en soi est un nouveau monde, plein de nouveaux paysages et de beauté. Comme je l'ai déjà écrit losque je suis allé écouter son concerto pour violoncelle et sa 5e symphonie à de précédents concerts du Tonhalle de Zürich: tout chez Dvorak est magnifique, on est toujours surpris et émerveillé par son exotisme, son âme slave, sa fraîcheur. L'évocation de la nature est présente partout dans son oeuvre et particulièrement dans cette 9e symphonie qu'il composa en arrivant à New York pour occuper son nouveau poste de directeur du conservatoire et professeur de composition en 1892.

Il n'y à sans doute pas dans toute l'histoire de la musique de passage plus pur, plus enchanteur, plus simple et doux que la mélodie que joue le cor anglais au début du deuxième mouvement de la symphonie.

La première fois qu' j'ai entendu cette symphonie c'était au Palais des Beaux Arts à Bruxelles étant adolescent et je me souviens très bien de l'effet que m'a fait ce second mouvement: le temps s'est arrêté, je me suis trouvé en présence d'un rêve, ne réfléchissant plus à rien, laissant simplement ces notes entrer en moi et me procurer cette sensation unique et presque indescriptible, bien que l'ayant en ce moment tenté sans grande satisfaction. J'ai également retrouvé cette sensation unique cette fois-ci sous la direction de David Zinman et son Orchestre du Tonhalle de Zürich. Et, chose encore plus belle, est quand on à la possibilité de partager unt tel moment avec quelqu'un... que demander de plus?

Mais le concert a en réalité commencé par le 2e concerto pour violon de Prokofiev par Janine Jansen au violon. La musique de Prokofiev à quelquechose de magnétique, de fort, de parfois brutal. Ce concerto, très difficile et horriblement complexe du point de vue harmonique n'est sûrement pas à la portée d'une première écoute, c'est un lagnuage qu'il faut apprivoiser et que l'on finit par vraiment apprécier alors. Janine Jansen n'a plus rien à prouver, c'est une musicienne avant tout. C'était un concert mémorable à bien des points de vue!

Krystian Zimerman de retour au Tonhalle de Zürich en mars!

Hélas, trois fois hélas, mille fois hélas, je ne serai pas à Zürich lors du passage du plus grand de tous les pianistes vivants: Krystian Zimerman, qui vient jouer les 8 et 9 mars 2014 à 19h30 au Tonhalle de Zürich le concerto de Gershwin. Je ferai moi-même à ce moment là deux récitals en Hollande...

La première fois, en mai 2013, j'avais vu une affiche par hasard dans les rues de Zürich disant qu'il venait jouer le concerto de Lutoslawski à Luzern et Zürich plus tard, auquel je suis allé biensûr. Puis j'ai raté son récital avec les études de Debussy au Tonhalle, étant à Berlin. Et cette fois-ci, ayant épluché le programme de cette saison en septembre et déçu de ne pas voir apparaître son nom, j'ai été surpris à nouveau: dans un endroit perdu de Zürich je vois une affiche avec la tête de Zimerman, j'ai cru que ce devait être une ancienne affiche, mais non elle annoncait deux concerts en mars.

En plus du concerto de Gershwin il y aura, sous la direction de David Zinman et le Tonhalle-Orchester Zürich, la symphonie no.3 de Roy Harris (jamais entendu parler, à découvrir), Symphonic Dances from "Westside Story" de Leonard Bernstein (tout de Berstein est génial, inutile de parler de Westside Story...)  et Billy the Kid de Aaron Copland (connaît pas cette oeuvre mais ça doit-être bien aussi).

Que dire de plus... je ne peux que conseiller à tout Zürich de se ruer, se précipiter, courir acheter le plus de places possibles et d'aller écouter ce pianiste hors normes et découvrir ces oeuvres. Il y a beaucoup de pianistes que je trouve exceptionels, que j'admire énormément: ceux du passé, les légendes vivantes et les jeunes dieux de l'avenir, mais Zimerman n'est dans aucune de ces catégories, comme l'a dit un jour quelqu'un de Liszt: si d'autres sont les plus grands pianistes au monde, lui est le seul pianiste au monde.

Cosi fan tutte de Mozart à l'Opéra de Zürich

©Judith Schlosser
Mercredi 12 février c'était un Mozart à l'Opéra de Zürich: Cosi fan tutte, ou ainsi le font-elles toutes si l'on le traduit littéralement en français, sous-entendant qu'elles sont toutes infidèles. J'avais très envie de revoir cet opéra que j'avais déjà vu à Bruxelles à La Monnaie quand j'étais étudiant au conservatoire et que je travaillais en tant qu'ouvreur à l'Opéra. Le premier que j'ai entendu et vu en commencant ce travail d'étudiant était ce Mozart et il m'avait fait bien rire. Mozart est un homme d'humour, il l'a prouvé à plusieures reprises comme dans la flûte enchantée et c'est également bien mis en avant dans le film Amadeus qui raconte sa vie.

Cette fois-ci encore c'était plein d'humour et les trois rôles masculins étaient superbement bien joués, tournés en ridicule de façon très subtile, la carricature était parfaite, j'ai adoré! L'histoire à mon sens est une peu exagérée et je doute que Mozart ait eu une telle opinion au sujet des femmes.

A savoir: Don Alfonso (chanté et joué superbement par Oliver Widmer) soutient la thèse auprès des deux jeunes amoureux Ferrando et Guglielmo (respectivement Javier Camarena et Elliot Madore, qui m'ont fait mourrir de rire grâce à leur jeu et qui tous deux ont de très belles et puissantes voix) que toutes les femmes sont par nature incapables d'être fidèles et que leur deux amoureuses ne font pas exception. Les deux amoureux prétendent le contraire et Don Alfonso entreprends alors de leur prouver ce qu'il avance en organisant une savante intrigue.

C'est là que je trouve que c'est poussé un peu loin, car en fait les deux femmes sont poussés tellement à bout et manipulés par tout le monde que finalement elle craquent pour les deux nouveaux bellâtres qu'on leur pousse dans les bras (qui en fait sont leurs amoureux déguisés et ayant échangés leur partenaire) croyant de toutes façon leur deux amoureux morts au combat. Je ne suis pas féministe et ne souhaite pas ouvrir un débat sur le thème de la fidélité mais je me suis dit: forcément dans dans ces conditions... Mais sans doute que c'était était nécéssaire pour que cela convienne à l'Opéra.

Les trois rôles féminins aussi étaient très bien joués et chantés. Marina Rebeka (que j'ai découvert dans Les pêcheurs de perles de Bizet il y a peu de temps) qui incarnait Fiordiligi est terriblement belle et en plus à une voix divine, und technique merveilleuse, le charme absolu sur scène. Chopin était souvent épris des voix qu'il entendait à l'opéra, eh bien je me sens victime de la même emprise qu'ont les charmes de certaines cantatrices. Cela ne diminuait en rien le mérite des deux autres rôles: Dorabella chanté par Anna Stéphany et Despina chanté par Martina Jankova mais comme disait Toscanini: quand le soleil brille on ne voit plus les étoiles et Marina Rebeka est un magnifique soleil radieux!

Forellenquintett Ballett Zürich

Voici donc la deuxième fois que je vais voir un Ballet à Zürich: la première de Forellenquintett par le Ballet de Zürich. La premier fois c'était le Woyzeck de Spuck qui m'avait énormément plu. Le rôle pricipal était dansé par Jan Casier qui m'avait très impressionné et qui ceci dit en passant est un compatriote belge.

Le premier ballet, A-Life, du chorégraphe Douglas Lee, était assez moderne et très technique. Ce qui pour moi n'est pas un défault, j'ai beaucoup apprécié, le thème "artificial life" était merveilleusement reproduit sur scène faisant bien penser a des êtres du futur presque asexué.

La musique, à un moment précis, s'est intensifiée par des sons stridents aux cordes suivi par les mouvements des danseurs décuplant ainsi l'effet sonore par du visuel, j'en avais des frissons.

Je ne suis pas particulièrement nationaliste mais je dois dire honnêtement que je suis assez fière qu'on ait au Ballet de Zürich trois belges. Jan Casier que j'ai déjà cité plus haut, Mélissa Ligurgo qui a superbement dansé dans A-Life et surtout notre très chère Eva Dewaele (sur la photo) qui est aussi Ballettmeisterin, et que j'ai eu le plaisir de voir danser dans les deux ballets suivants.

Wings of Wax du chorégraphe Jiri Kylian, illustre le mythe d'Icare: ignorant la mise en garde de son père il veut se rapprocher du soleil avec des ailes qu'il s'est fabriqué lui-même, qu'il s'est fixé avec de la cire qui fond à cause de la trop grande chaleur du soleil le faisant ainsi se noyer dans l'océan. Le magnifique tableau "La chute d'Icare" de Bruegel l'ancien (encore un belge...sans doute en hommage à Eva...) était en illustration dans le programme.

Sur des musiques de Biber, Bach, Cage et Glass ont dansé avec une élégance infinie et une beauté absolue les duos Dewaele-Gurfein, Han-Chen, Kapitonova-Portugal et Wünsche-Casier. Ma partie préférée était, sans doute à cause de la musique, celle avec une variation des Golberg de Bach.

Le thème pricipal des ces trois ballets était La Truite. Les chorégraphes ont d'ailleurs intégrés dans tous les ballets des mouvement rappelant ceux du poisson. Pour le dernier ballet, le quintet "La truite" de Schubert était joué live et chorégraphié par Martin Schläpfer.

Les costumes étaient colorés, rappelant ainsi également le poisson, l'humour était omniprésent, une foule de détails amusants ont captivé mon esprit. Suivant les différents mouvements du quintet se sont alternés des passages lents et d'autres rapides, presque hystériques, demandant de la part des danseurs une maîtrise extrème de leur coprs. Tout cela m'a beaucoup impressionné et mon deuxième ballet zürichois m'ayant énormément plu j'attends avec impatience le suivant.

Denis Kozhukhin - Tonhalle Zürich

J'ai un jour fait un petit récital au Bouscat, une petite banlieu de Bordeaux, et y ai vu une affiche d'un récital du jeune Denis Kozhukhin avec une violoniste si je me souviens bien. J'avais déjà vu quelques publicités d'autres de ses concerts auparavant, il n'avait pas encore présenté le Concours Reine Elisabeth.

Plus tard j'ai suivi les demi-finales et finales qu'il remporta avec le deuxième concerto de Prokofiev. Je me souviens bien aussi de sa sonate de Haydn et des Variations Symphoniques de Schumann. J'ai ensuite vu sur internet qu'il jouait les 12 Etudes transcendante de Liszt filmé lors de son concert au Louvre à Paris.

Hier soir je l'ai vu pour la première fois en live dans un long mais magnifique programme. Celui-ci à commencé avec la première sonate de Brahms que je ne connaissait que joué par le jeune Zimerman.

Cette sonate, lourde, imposante, un peu naïve également, fût une belle entrée en scène du pianiste. Avec ces accords larges et magestueux ils s'est imposé très facilement et brillament.

La deuxième oeuvre était la 9e sonate de Prokofiev qui, avec celle de Brahms, a permi à Denis de montrer une de ses plus grandes qualitées à mon sens: la maîtrise de soi et du son au piano, qui je pense lui vient du grand pédagoge Bashkirov avec qui il à étudié à Madrid. Je dis cela car j'ai retrouvé cette qualité chez un autre collègue et estimé ami, Philippe Raskin, qui lui aussi à étudié avec Bashkirov.

Une pause était la bienvenue après ces deux monstres de sériosité du répertoire pour piano. Après la pause il a joué sa sonate de Haydn, du concours, et qu'Horowitz à enregistré sur son dernier enregistrement pour Sony. C'est ma sonate préférée de Haydn. Le mouvement lent particulièrement est magnifique. Il à joué le passage dramatique du milieu plus rapidement que ce que j'ai entendu jusqu'à présent ce qui m'a beaucoup plu.

Inutile de parler encore une fois de la perfection et la maîtrise avec laquelle Denis à joué ce Haydn et le Bénédiction de Dieu dans la solitude de Liszt qui à suivi. Cette oeuvre est une de mes préférées de Liszt et m'a plongé dans un état de bénédiction de dieu dans la solitude. Incroyablement beau!

Pour terminer, le gros morceau, 5 Etudes transcendante de Liszt, dans l'ordre: Chasse neige, la 10e, Ricordanza, Harmonies du soir et Mazeppa qui triompha bien évidement. Denis Kozhukhin, après deux heures de récital se releva roi sous un tonerre d'applaudissements. J'ai vraiment adoré et respecte beaucoup ce jeune pianiste.

Haendel Alcina Bartoli Fuchs Zürich

Mon premier opéra baroque, j'étais curieux, et finalement très agréablement surpris. C'était carrément géniale! Alcina de Haendel avec la Bartoli. Première fois aussi que j'entendais la diva sur scène.

D'abord la mise en scène: magnifiquement bien pensée, toujours en mouvement, une foule de détails, l'idée des étages est superbe, les costumes aussi, les lumières intéressentes. Bravo à l'équipe.

En entendant le Fidelio de Beethoven je me suis dit que finalement les opéras classiques me plaisent plus que les romantiques allemands et italiens. Eh bien en entendant cet opéra je me suis dit que le baroque me plaisait encore plus que les deux périodes précédentes.

Enfin c'est différent, certains moments dans les opéras de Verdi ou Wagner sont d'une intensité immense mais le reste du temps la tendence est plutôt statique. Dans Mozart et Beethoven il y a plus d'harmonie, d'homogénéité, les voix sont plus agréables, plus pures, mais parfois moins prenante. Et puis dans le baroque c'est la perfection d'un bout à l'autre. Les danses se marient au décor dans lequel se fondent les personnages et la musique qui est d'une beauté égale d'un bout à l'autre sans toutefois avoir des moments de passions extrèmes comme dans les romantiques.

Les deux ballets du début et de la fin étaient particulièrement agréables. Le dernier même comique, surprenant, hilarant, j'ai adoré cet intervention.

En ce qui concerne la Bartoli, c'est bel et bien une diva, sa technique impressionnante et sa présence sont indiscutables. Aux côtés de cette super star de l'opéra se sont fait remarqués quelques autres talents exceptionels. Tout particulièrement la Julie Fuchs qui m'avait déjà entièrement conquis lors du Fidelio de Beethoven quelques mois plus tôt. Encore une fois j'ai été sidéré, ébloui, cette femme à tout: virtuosité, voix magnifique, un jeu subtil et amusant, une large palette de nuances. L'air de la fin du premier acte (que je connais par coeur, l'ayant moi même accompagné il y a quelques semaines) m'a bluffé! Impeccable d'un bout à l'autre. Les variations de la reprise étaient originales et légères. Pour moi c'était le point culminant de l'opéra!

Concert d'adieu pour Peter Stüber avec Rachmaninov

Magnifique et émouvant concert d'adieu hier soir au Tonhalle de Zürich avec un programme entièrement consacré à Rachmaninov: Peter Stüber quitte son poste de président du Tonhalle-Geselschaft après une magnifique carrière de 22 ans.

Stephen Hough était ce soir là au piano pour jouer la rhapsodie sur un thème de Paganini de Rachmaninov. Il s'agit du thème du 24 caprice pour violon seul de Paganini, le virtuose diabolique du 19e siècle qui fascina les plus grands artistes de son temps tels Beethoven, Liszt, Chopin, Schumann, etc.

Rachmaninov lui aussi utilise ce thème très connu pour une de ces oeuvres tardives pour piano et orchestre et en fait une introduction et 24 variations, comme le nombre de caprices de Paganini. Ce n'est plus le jeune Rachmaninov du premier concerto mais plutôt celui du 4e concerto et des variations corelli. Une écriture pianistique moderne et complexe à tous les points de vue. La variations lente du milieu utilise le thème renversé et ralenti, nous donnant l'impression d'un tout nouveau thème d'une beauté sans égale dans le répertoire pianistique.

Stephen Hough est un pianiste comme je les aime, humble, exigent, clair, direct, doué d'une magnifique technique et s'exprimant avec simplicité. Rachmaninov jouait également de façon très directe, sans exagération. Il disait d'ailleurs que la musique se suffisait à elle-même et qu'il était inutile d'en rajouter.

David Zinman, qui nous quitte également fin de la saison, à dirigé une fois de plus avec ardeur cette grande symphonie no.2 de Rachmaninov. Cette ouevre est pleine de lyrisme, de grandes lignes mélodiques, de moments explosifs, très dense et d'une force immense. Aux premières notes je vois toujours la neige, les rues de Moscou et Saint Petersbourg gelées, froides et tristes. Il y a une nostalgie évidente dans cette oeuvre, nostalgie du pays, des amis, du climat, du temps qui passe et en même temps une certeine résignation. A cette période Rachmaninov quitte son pays pour Dresden. Pour moi il est évident que c'est une symphonie d'adieu.  L'ayant entendu au Konzerthaus de Berlin la dernière fois que j'y étais, déménageant à Zürich et cette fois-ci pour l'adieu de Peter Stüber, cette impression d'adieu s'est bien confirmée!

Les pêcheurs de perles de Bizet à Zürich

25 janvier, à l'opéra de Zürich, Les pêcheurs de perles de Bizet, dont je ne connaissait que l'air du ténor "je crois entendre..." que mon père m'a fait découvrir quand j'étais jeune. Je ne connais que très peu de musique de Bizet: Carmen, cet air des pêcheurs, sa musique pour piano un peu, et ses tubes pour orchestre. Mais j'ai réalisé que jamais une seule oeuvre de Bizet ne m'ait déçu. Sans être un Mozart cet homme à toujous tout bien fait et bien pensé.

Certains passages orchestraux font biensûr penser à Carmen mais aussi au Faust de Gounod, histoire de nous rappeler qu'il s'agit bien de l'opéra français, très amusantes ces empreintes nationales.

Mise en scène amusante, décors attractifs, costumes comiques, chanteurs excellents! Le ténor Pavel Breslik, apparemment pas en grande forme, s'en est quand même magnifiquement bien tiré. La performance physique et vocale Michael Volle, qui a des airs de Bryn Terfel, était très impressionnante, d'une force et parfois même violence extrême. Et la très belle soprano de Riga Marina Rebaka possède également un talent envoutant dont une voix magnifique.

Mahler 9 par Bernard Haitink à Zürich

Après les 1e et 4e symphonies que j'ai entendu en octobre 2013 au Tonhalle de Züich j'attendais avec impatience la dernière de cette saison sous la direction de Bernard Haitink ce jeudi 16 janvier 2014, soit la 9e et dernière symphonie que Mahler ait achevé. Il n'a malheureusement pas eu la chance de l'entendre lui-même en concert.

D'après ce que raconte Leonard Bernstein, qui pour moi incarne Mahler et dirige ses symphonies avec une compréhension et une énergie unique, Mahler aurait écrit cette 9e symphonie comme un testament. Bien que tentant de dire adieu au monde depuis sa première il le fait encore plus clairement avec la 9e.

Mahler avait conscience que ce serait sa dernière symphonie, ayant pour prédésesseurs Beethoven et Schubert n'ayant pas vécu assez longtemps que pour en écrire une dixième. Mahler à bien pu commencer sa dixième mais est mort avant d'avoir pu l'achever. Il avait également conscience que sa 9e symphonie était la dernière dans l'histoire dans cette tradition viennoise tout comme lui serait le dernière compositeur de cette même tradition et peut-être même de musique symphonique classique.

Tout cela donne évidemment un sens bien plus fort a cette oeuvre gigantesque d'une heure vingt. Bernard Haitink est très différent de Bernstein et c'est tant mieux car cela nous à donné une autre vision de Mahler tout aussi convainquante. Encore une fois on est tiré entre toutes les extrèmes émotionelles avec violence et enchanté par les passage empreint de douceur et de beauté.

Le public a observé tout au long de la symphonie un silence religieux jusqu'au dernières notes presque imperceptibles. Après un long silence, le temps de se remettre des toutes ces émotions le public a chaudement applaudi et s'est levé pour saluer la performance du grand Bernard Haitink et de l'orchestre du Tonhalle de Zürich.

La Boheme de Puccini pour la dernière fois à Zürich

C'était ma première représentation de la Bohème de Puccini et la dernière à Zürich dans cette production. Avec Norma de Bellini c'est le premier opéra que j'ai écouté dans ma vie. C'était un enregistrement avec Roberto Alagna que je découvrais en même temps. J'ai tout de suite été profondément ému par cette musique géniale. L'air du ténor au début ou il décrit ce qu'il fait et qui il est, disant "et comment je vis: je vis", cette longue tenue sur cette note haute perchée sur le mot esperanza, m'ont dès les premières écoutes christallisé le sang et submergé d'émotions. Cela est toujours resté.

Tout cet opéra s'enchaine sans qu'on puisse s'ennuyer une seconde, s'intensifie jusqu'à la mort de mimi à la fin marqué par deux des accords les plus tragiques de l'histoire de l'opéra: une fois piano, l'orchestre seul, et la seconde fois plus fort lorsque le ténor réalise qu'elle est morte et pleure, l'orchestre le soutenant d'harmonies du désespoir. Ce moment m'arrache à chaque fois à nouveau des larmes des yeux, c'est plus fort que moi, toute cette lente cconstruction du drame mêlé de beauté et d'amour vous emporte émotionellement, vous dérobe le coeur, et l'on meurt avec mimi à la fin sans rien pouvoir faire.

La mise en scène cette fois-ci m'a vraiment énormément plu. Visuellement très agréable, rappelant bien l'athmosphère de Paris, les changements de décors sont magnifiquement imbriqués l'un dans l'autres, il y a un tas de détails subtils comme les changement de lumières au cours de l'opéra donnant l'imression d'un vrai soleil se levant et couchant en arrière plan ainsi que le ciel qui change au fond.

Et puis les chanteurs biensûr étaient aussi magnifiques. Tous les rôles superbement tenus et chantés. Particulièrement Arnold Rutkowsky qui est un ténor bien à la hauteur d'Alagna! Le vieux Nello Santi, qui dirigeait ce soir, à eu quand à lui un énorme succès, il s'est fait applaudi à plusieurs reprises bien plus que les chanteurs.