Concert d'adieu pour Peter Stüber avec Rachmaninov

Magnifique et émouvant concert d'adieu hier soir au Tonhalle de Zürich avec un programme entièrement consacré à Rachmaninov: Peter Stüber quitte son poste de président du Tonhalle-Geselschaft après une magnifique carrière de 22 ans.

Stephen Hough était ce soir là au piano pour jouer la rhapsodie sur un thème de Paganini de Rachmaninov. Il s'agit du thème du 24 caprice pour violon seul de Paganini, le virtuose diabolique du 19e siècle qui fascina les plus grands artistes de son temps tels Beethoven, Liszt, Chopin, Schumann, etc.

Rachmaninov lui aussi utilise ce thème très connu pour une de ces oeuvres tardives pour piano et orchestre et en fait une introduction et 24 variations, comme le nombre de caprices de Paganini. Ce n'est plus le jeune Rachmaninov du premier concerto mais plutôt celui du 4e concerto et des variations corelli. Une écriture pianistique moderne et complexe à tous les points de vue. La variations lente du milieu utilise le thème renversé et ralenti, nous donnant l'impression d'un tout nouveau thème d'une beauté sans égale dans le répertoire pianistique.

Stephen Hough est un pianiste comme je les aime, humble, exigent, clair, direct, doué d'une magnifique technique et s'exprimant avec simplicité. Rachmaninov jouait également de façon très directe, sans exagération. Il disait d'ailleurs que la musique se suffisait à elle-même et qu'il était inutile d'en rajouter.

David Zinman, qui nous quitte également fin de la saison, à dirigé une fois de plus avec ardeur cette grande symphonie no.2 de Rachmaninov. Cette ouevre est pleine de lyrisme, de grandes lignes mélodiques, de moments explosifs, très dense et d'une force immense. Aux premières notes je vois toujours la neige, les rues de Moscou et Saint Petersbourg gelées, froides et tristes. Il y a une nostalgie évidente dans cette oeuvre, nostalgie du pays, des amis, du climat, du temps qui passe et en même temps une certeine résignation. A cette période Rachmaninov quitte son pays pour Dresden. Pour moi il est évident que c'est une symphonie d'adieu.  L'ayant entendu au Konzerthaus de Berlin la dernière fois que j'y étais, déménageant à Zürich et cette fois-ci pour l'adieu de Peter Stüber, cette impression d'adieu s'est bien confirmée!

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