La Boheme de Puccini pour la dernière fois à Zürich

C'était ma première représentation de la Bohème de Puccini et la dernière à Zürich dans cette production. Avec Norma de Bellini c'est le premier opéra que j'ai écouté dans ma vie. C'était un enregistrement avec Roberto Alagna que je découvrais en même temps. J'ai tout de suite été profondément ému par cette musique géniale. L'air du ténor au début ou il décrit ce qu'il fait et qui il est, disant "et comment je vis: je vis", cette longue tenue sur cette note haute perchée sur le mot esperanza, m'ont dès les premières écoutes christallisé le sang et submergé d'émotions. Cela est toujours resté.

Tout cet opéra s'enchaine sans qu'on puisse s'ennuyer une seconde, s'intensifie jusqu'à la mort de mimi à la fin marqué par deux des accords les plus tragiques de l'histoire de l'opéra: une fois piano, l'orchestre seul, et la seconde fois plus fort lorsque le ténor réalise qu'elle est morte et pleure, l'orchestre le soutenant d'harmonies du désespoir. Ce moment m'arrache à chaque fois à nouveau des larmes des yeux, c'est plus fort que moi, toute cette lente cconstruction du drame mêlé de beauté et d'amour vous emporte émotionellement, vous dérobe le coeur, et l'on meurt avec mimi à la fin sans rien pouvoir faire.

La mise en scène cette fois-ci m'a vraiment énormément plu. Visuellement très agréable, rappelant bien l'athmosphère de Paris, les changements de décors sont magnifiquement imbriqués l'un dans l'autres, il y a un tas de détails subtils comme les changement de lumières au cours de l'opéra donnant l'imression d'un vrai soleil se levant et couchant en arrière plan ainsi que le ciel qui change au fond.

Et puis les chanteurs biensûr étaient aussi magnifiques. Tous les rôles superbement tenus et chantés. Particulièrement Arnold Rutkowsky qui est un ténor bien à la hauteur d'Alagna! Le vieux Nello Santi, qui dirigeait ce soir, à eu quand à lui un énorme succès, il s'est fait applaudi à plusieurs reprises bien plus que les chanteurs.

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