La symphonie du nouveau monde de Dvorak à Zürich

Dvorak, sa famille et amis à New York en 1892
La musique de Dvorak en soi est un nouveau monde, plein de nouveaux paysages et de beauté. Comme je l'ai déjà écrit losque je suis allé écouter son concerto pour violoncelle et sa 5e symphonie à de précédents concerts du Tonhalle de Zürich: tout chez Dvorak est magnifique, on est toujours surpris et émerveillé par son exotisme, son âme slave, sa fraîcheur. L'évocation de la nature est présente partout dans son oeuvre et particulièrement dans cette 9e symphonie qu'il composa en arrivant à New York pour occuper son nouveau poste de directeur du conservatoire et professeur de composition en 1892.

Il n'y à sans doute pas dans toute l'histoire de la musique de passage plus pur, plus enchanteur, plus simple et doux que la mélodie que joue le cor anglais au début du deuxième mouvement de la symphonie.

La première fois qu' j'ai entendu cette symphonie c'était au Palais des Beaux Arts à Bruxelles étant adolescent et je me souviens très bien de l'effet que m'a fait ce second mouvement: le temps s'est arrêté, je me suis trouvé en présence d'un rêve, ne réfléchissant plus à rien, laissant simplement ces notes entrer en moi et me procurer cette sensation unique et presque indescriptible, bien que l'ayant en ce moment tenté sans grande satisfaction. J'ai également retrouvé cette sensation unique cette fois-ci sous la direction de David Zinman et son Orchestre du Tonhalle de Zürich. Et, chose encore plus belle, est quand on à la possibilité de partager unt tel moment avec quelqu'un... que demander de plus?

Mais le concert a en réalité commencé par le 2e concerto pour violon de Prokofiev par Janine Jansen au violon. La musique de Prokofiev à quelquechose de magnétique, de fort, de parfois brutal. Ce concerto, très difficile et horriblement complexe du point de vue harmonique n'est sûrement pas à la portée d'une première écoute, c'est un lagnuage qu'il faut apprivoiser et que l'on finit par vraiment apprécier alors. Janine Jansen n'a plus rien à prouver, c'est une musicienne avant tout. C'était un concert mémorable à bien des points de vue!

Krystian Zimerman de retour au Tonhalle de Zürich en mars!

Hélas, trois fois hélas, mille fois hélas, je ne serai pas à Zürich lors du passage du plus grand de tous les pianistes vivants: Krystian Zimerman, qui vient jouer les 8 et 9 mars 2014 à 19h30 au Tonhalle de Zürich le concerto de Gershwin. Je ferai moi-même à ce moment là deux récitals en Hollande...

La première fois, en mai 2013, j'avais vu une affiche par hasard dans les rues de Zürich disant qu'il venait jouer le concerto de Lutoslawski à Luzern et Zürich plus tard, auquel je suis allé biensûr. Puis j'ai raté son récital avec les études de Debussy au Tonhalle, étant à Berlin. Et cette fois-ci, ayant épluché le programme de cette saison en septembre et déçu de ne pas voir apparaître son nom, j'ai été surpris à nouveau: dans un endroit perdu de Zürich je vois une affiche avec la tête de Zimerman, j'ai cru que ce devait être une ancienne affiche, mais non elle annoncait deux concerts en mars.

En plus du concerto de Gershwin il y aura, sous la direction de David Zinman et le Tonhalle-Orchester Zürich, la symphonie no.3 de Roy Harris (jamais entendu parler, à découvrir), Symphonic Dances from "Westside Story" de Leonard Bernstein (tout de Berstein est génial, inutile de parler de Westside Story...)  et Billy the Kid de Aaron Copland (connaît pas cette oeuvre mais ça doit-être bien aussi).

Que dire de plus... je ne peux que conseiller à tout Zürich de se ruer, se précipiter, courir acheter le plus de places possibles et d'aller écouter ce pianiste hors normes et découvrir ces oeuvres. Il y a beaucoup de pianistes que je trouve exceptionels, que j'admire énormément: ceux du passé, les légendes vivantes et les jeunes dieux de l'avenir, mais Zimerman n'est dans aucune de ces catégories, comme l'a dit un jour quelqu'un de Liszt: si d'autres sont les plus grands pianistes au monde, lui est le seul pianiste au monde.

Cosi fan tutte de Mozart à l'Opéra de Zürich

©Judith Schlosser
Mercredi 12 février c'était un Mozart à l'Opéra de Zürich: Cosi fan tutte, ou ainsi le font-elles toutes si l'on le traduit littéralement en français, sous-entendant qu'elles sont toutes infidèles. J'avais très envie de revoir cet opéra que j'avais déjà vu à Bruxelles à La Monnaie quand j'étais étudiant au conservatoire et que je travaillais en tant qu'ouvreur à l'Opéra. Le premier que j'ai entendu et vu en commencant ce travail d'étudiant était ce Mozart et il m'avait fait bien rire. Mozart est un homme d'humour, il l'a prouvé à plusieures reprises comme dans la flûte enchantée et c'est également bien mis en avant dans le film Amadeus qui raconte sa vie.

Cette fois-ci encore c'était plein d'humour et les trois rôles masculins étaient superbement bien joués, tournés en ridicule de façon très subtile, la carricature était parfaite, j'ai adoré! L'histoire à mon sens est une peu exagérée et je doute que Mozart ait eu une telle opinion au sujet des femmes.

A savoir: Don Alfonso (chanté et joué superbement par Oliver Widmer) soutient la thèse auprès des deux jeunes amoureux Ferrando et Guglielmo (respectivement Javier Camarena et Elliot Madore, qui m'ont fait mourrir de rire grâce à leur jeu et qui tous deux ont de très belles et puissantes voix) que toutes les femmes sont par nature incapables d'être fidèles et que leur deux amoureuses ne font pas exception. Les deux amoureux prétendent le contraire et Don Alfonso entreprends alors de leur prouver ce qu'il avance en organisant une savante intrigue.

C'est là que je trouve que c'est poussé un peu loin, car en fait les deux femmes sont poussés tellement à bout et manipulés par tout le monde que finalement elle craquent pour les deux nouveaux bellâtres qu'on leur pousse dans les bras (qui en fait sont leurs amoureux déguisés et ayant échangés leur partenaire) croyant de toutes façon leur deux amoureux morts au combat. Je ne suis pas féministe et ne souhaite pas ouvrir un débat sur le thème de la fidélité mais je me suis dit: forcément dans dans ces conditions... Mais sans doute que c'était était nécéssaire pour que cela convienne à l'Opéra.

Les trois rôles féminins aussi étaient très bien joués et chantés. Marina Rebeka (que j'ai découvert dans Les pêcheurs de perles de Bizet il y a peu de temps) qui incarnait Fiordiligi est terriblement belle et en plus à une voix divine, und technique merveilleuse, le charme absolu sur scène. Chopin était souvent épris des voix qu'il entendait à l'opéra, eh bien je me sens victime de la même emprise qu'ont les charmes de certaines cantatrices. Cela ne diminuait en rien le mérite des deux autres rôles: Dorabella chanté par Anna Stéphany et Despina chanté par Martina Jankova mais comme disait Toscanini: quand le soleil brille on ne voit plus les étoiles et Marina Rebeka est un magnifique soleil radieux!

Forellenquintett Ballett Zürich

Voici donc la deuxième fois que je vais voir un Ballet à Zürich: la première de Forellenquintett par le Ballet de Zürich. La premier fois c'était le Woyzeck de Spuck qui m'avait énormément plu. Le rôle pricipal était dansé par Jan Casier qui m'avait très impressionné et qui ceci dit en passant est un compatriote belge.

Le premier ballet, A-Life, du chorégraphe Douglas Lee, était assez moderne et très technique. Ce qui pour moi n'est pas un défault, j'ai beaucoup apprécié, le thème "artificial life" était merveilleusement reproduit sur scène faisant bien penser a des êtres du futur presque asexué.

La musique, à un moment précis, s'est intensifiée par des sons stridents aux cordes suivi par les mouvements des danseurs décuplant ainsi l'effet sonore par du visuel, j'en avais des frissons.

Je ne suis pas particulièrement nationaliste mais je dois dire honnêtement que je suis assez fière qu'on ait au Ballet de Zürich trois belges. Jan Casier que j'ai déjà cité plus haut, Mélissa Ligurgo qui a superbement dansé dans A-Life et surtout notre très chère Eva Dewaele (sur la photo) qui est aussi Ballettmeisterin, et que j'ai eu le plaisir de voir danser dans les deux ballets suivants.

Wings of Wax du chorégraphe Jiri Kylian, illustre le mythe d'Icare: ignorant la mise en garde de son père il veut se rapprocher du soleil avec des ailes qu'il s'est fabriqué lui-même, qu'il s'est fixé avec de la cire qui fond à cause de la trop grande chaleur du soleil le faisant ainsi se noyer dans l'océan. Le magnifique tableau "La chute d'Icare" de Bruegel l'ancien (encore un belge...sans doute en hommage à Eva...) était en illustration dans le programme.

Sur des musiques de Biber, Bach, Cage et Glass ont dansé avec une élégance infinie et une beauté absolue les duos Dewaele-Gurfein, Han-Chen, Kapitonova-Portugal et Wünsche-Casier. Ma partie préférée était, sans doute à cause de la musique, celle avec une variation des Golberg de Bach.

Le thème pricipal des ces trois ballets était La Truite. Les chorégraphes ont d'ailleurs intégrés dans tous les ballets des mouvement rappelant ceux du poisson. Pour le dernier ballet, le quintet "La truite" de Schubert était joué live et chorégraphié par Martin Schläpfer.

Les costumes étaient colorés, rappelant ainsi également le poisson, l'humour était omniprésent, une foule de détails amusants ont captivé mon esprit. Suivant les différents mouvements du quintet se sont alternés des passages lents et d'autres rapides, presque hystériques, demandant de la part des danseurs une maîtrise extrème de leur coprs. Tout cela m'a beaucoup impressionné et mon deuxième ballet zürichois m'ayant énormément plu j'attends avec impatience le suivant.

Denis Kozhukhin - Tonhalle Zürich

J'ai un jour fait un petit récital au Bouscat, une petite banlieu de Bordeaux, et y ai vu une affiche d'un récital du jeune Denis Kozhukhin avec une violoniste si je me souviens bien. J'avais déjà vu quelques publicités d'autres de ses concerts auparavant, il n'avait pas encore présenté le Concours Reine Elisabeth.

Plus tard j'ai suivi les demi-finales et finales qu'il remporta avec le deuxième concerto de Prokofiev. Je me souviens bien aussi de sa sonate de Haydn et des Variations Symphoniques de Schumann. J'ai ensuite vu sur internet qu'il jouait les 12 Etudes transcendante de Liszt filmé lors de son concert au Louvre à Paris.

Hier soir je l'ai vu pour la première fois en live dans un long mais magnifique programme. Celui-ci à commencé avec la première sonate de Brahms que je ne connaissait que joué par le jeune Zimerman.

Cette sonate, lourde, imposante, un peu naïve également, fût une belle entrée en scène du pianiste. Avec ces accords larges et magestueux ils s'est imposé très facilement et brillament.

La deuxième oeuvre était la 9e sonate de Prokofiev qui, avec celle de Brahms, a permi à Denis de montrer une de ses plus grandes qualitées à mon sens: la maîtrise de soi et du son au piano, qui je pense lui vient du grand pédagoge Bashkirov avec qui il à étudié à Madrid. Je dis cela car j'ai retrouvé cette qualité chez un autre collègue et estimé ami, Philippe Raskin, qui lui aussi à étudié avec Bashkirov.

Une pause était la bienvenue après ces deux monstres de sériosité du répertoire pour piano. Après la pause il a joué sa sonate de Haydn, du concours, et qu'Horowitz à enregistré sur son dernier enregistrement pour Sony. C'est ma sonate préférée de Haydn. Le mouvement lent particulièrement est magnifique. Il à joué le passage dramatique du milieu plus rapidement que ce que j'ai entendu jusqu'à présent ce qui m'a beaucoup plu.

Inutile de parler encore une fois de la perfection et la maîtrise avec laquelle Denis à joué ce Haydn et le Bénédiction de Dieu dans la solitude de Liszt qui à suivi. Cette oeuvre est une de mes préférées de Liszt et m'a plongé dans un état de bénédiction de dieu dans la solitude. Incroyablement beau!

Pour terminer, le gros morceau, 5 Etudes transcendante de Liszt, dans l'ordre: Chasse neige, la 10e, Ricordanza, Harmonies du soir et Mazeppa qui triompha bien évidement. Denis Kozhukhin, après deux heures de récital se releva roi sous un tonerre d'applaudissements. J'ai vraiment adoré et respecte beaucoup ce jeune pianiste.

Haendel Alcina Bartoli Fuchs Zürich

Mon premier opéra baroque, j'étais curieux, et finalement très agréablement surpris. C'était carrément géniale! Alcina de Haendel avec la Bartoli. Première fois aussi que j'entendais la diva sur scène.

D'abord la mise en scène: magnifiquement bien pensée, toujours en mouvement, une foule de détails, l'idée des étages est superbe, les costumes aussi, les lumières intéressentes. Bravo à l'équipe.

En entendant le Fidelio de Beethoven je me suis dit que finalement les opéras classiques me plaisent plus que les romantiques allemands et italiens. Eh bien en entendant cet opéra je me suis dit que le baroque me plaisait encore plus que les deux périodes précédentes.

Enfin c'est différent, certains moments dans les opéras de Verdi ou Wagner sont d'une intensité immense mais le reste du temps la tendence est plutôt statique. Dans Mozart et Beethoven il y a plus d'harmonie, d'homogénéité, les voix sont plus agréables, plus pures, mais parfois moins prenante. Et puis dans le baroque c'est la perfection d'un bout à l'autre. Les danses se marient au décor dans lequel se fondent les personnages et la musique qui est d'une beauté égale d'un bout à l'autre sans toutefois avoir des moments de passions extrèmes comme dans les romantiques.

Les deux ballets du début et de la fin étaient particulièrement agréables. Le dernier même comique, surprenant, hilarant, j'ai adoré cet intervention.

En ce qui concerne la Bartoli, c'est bel et bien une diva, sa technique impressionnante et sa présence sont indiscutables. Aux côtés de cette super star de l'opéra se sont fait remarqués quelques autres talents exceptionels. Tout particulièrement la Julie Fuchs qui m'avait déjà entièrement conquis lors du Fidelio de Beethoven quelques mois plus tôt. Encore une fois j'ai été sidéré, ébloui, cette femme à tout: virtuosité, voix magnifique, un jeu subtil et amusant, une large palette de nuances. L'air de la fin du premier acte (que je connais par coeur, l'ayant moi même accompagné il y a quelques semaines) m'a bluffé! Impeccable d'un bout à l'autre. Les variations de la reprise étaient originales et légères. Pour moi c'était le point culminant de l'opéra!