Cosi fan tutte de Mozart à l'Opéra de Zürich

©Judith Schlosser
Mercredi 12 février c'était un Mozart à l'Opéra de Zürich: Cosi fan tutte, ou ainsi le font-elles toutes si l'on le traduit littéralement en français, sous-entendant qu'elles sont toutes infidèles. J'avais très envie de revoir cet opéra que j'avais déjà vu à Bruxelles à La Monnaie quand j'étais étudiant au conservatoire et que je travaillais en tant qu'ouvreur à l'Opéra. Le premier que j'ai entendu et vu en commencant ce travail d'étudiant était ce Mozart et il m'avait fait bien rire. Mozart est un homme d'humour, il l'a prouvé à plusieures reprises comme dans la flûte enchantée et c'est également bien mis en avant dans le film Amadeus qui raconte sa vie.

Cette fois-ci encore c'était plein d'humour et les trois rôles masculins étaient superbement bien joués, tournés en ridicule de façon très subtile, la carricature était parfaite, j'ai adoré! L'histoire à mon sens est une peu exagérée et je doute que Mozart ait eu une telle opinion au sujet des femmes.

A savoir: Don Alfonso (chanté et joué superbement par Oliver Widmer) soutient la thèse auprès des deux jeunes amoureux Ferrando et Guglielmo (respectivement Javier Camarena et Elliot Madore, qui m'ont fait mourrir de rire grâce à leur jeu et qui tous deux ont de très belles et puissantes voix) que toutes les femmes sont par nature incapables d'être fidèles et que leur deux amoureuses ne font pas exception. Les deux amoureux prétendent le contraire et Don Alfonso entreprends alors de leur prouver ce qu'il avance en organisant une savante intrigue.

C'est là que je trouve que c'est poussé un peu loin, car en fait les deux femmes sont poussés tellement à bout et manipulés par tout le monde que finalement elle craquent pour les deux nouveaux bellâtres qu'on leur pousse dans les bras (qui en fait sont leurs amoureux déguisés et ayant échangés leur partenaire) croyant de toutes façon leur deux amoureux morts au combat. Je ne suis pas féministe et ne souhaite pas ouvrir un débat sur le thème de la fidélité mais je me suis dit: forcément dans dans ces conditions... Mais sans doute que c'était était nécéssaire pour que cela convienne à l'Opéra.

Les trois rôles féminins aussi étaient très bien joués et chantés. Marina Rebeka (que j'ai découvert dans Les pêcheurs de perles de Bizet il y a peu de temps) qui incarnait Fiordiligi est terriblement belle et en plus à une voix divine, und technique merveilleuse, le charme absolu sur scène. Chopin était souvent épris des voix qu'il entendait à l'opéra, eh bien je me sens victime de la même emprise qu'ont les charmes de certaines cantatrices. Cela ne diminuait en rien le mérite des deux autres rôles: Dorabella chanté par Anna Stéphany et Despina chanté par Martina Jankova mais comme disait Toscanini: quand le soleil brille on ne voit plus les étoiles et Marina Rebeka est un magnifique soleil radieux!

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