Zauberflöte - moZart - Zürich


Le pouvoir magique de la musique est qu'au plus on écoute une oeuvre plus on l'aime, ce qui est l'effet inverse de la plupart des autres choses ici-bas. Je connais cet opéra sans doute mieux que n'importe quel autre opéra, je l'ai entendu depuis ma naissance, c'est le premier que j'ai déchiffré, le premier que j'ai accompagné, le premier que j'ai vu sur scène, le premier dvd que j'ai acheté; depuis je lécoutes, le réécoutes, le relis, le chante, je connais quasi chaque mot et chaque note par coeur et je l'aimes toujours plus.

Entre une histoire amusante pour enfants, un message maçonnique, une analyse psychologique de la situation familiale père-mère-fille et de la situation entre deux amants, un message d'amour; impossible de vraiment définir cette oeuvre qui est l'une des dernières de Mozart, composée d'ailleurs à la même période que le réquiem qui est une messe de mort, soit l'opposé de cet opéra humoristique.

Ce qui m'a aussi frappé, un jour que je suivais la partition en lécoutant, est que chaque mélodie et harmonie chantent pour elles-mêmes, l'on comprend presque intuitivement les sentiments que portent la musique sans en connaître le texte. C'est quand on lit le texte en même temps que l'on se rend compte à quel point les deux s'accordent à la perfection. Et ceci d'un bout à l'autre de l'oeuvre.

Le tour de force et ce qui prouve le génie de Mozart est sans doute aussi que cet opéra parrait complètement "normal": tout le monde connait les airs de la reine de la nuit ou de papageno ou les a au moins déjà entendus, et pourtant il continue à fasciner, à surprendre, il parait toujours nouveau. On garde toujours ce sentiment d'être en présence de quelquechose d'exceptionel même après en avoir découvert l'envers du décors et d'avoir vécu en sa présence pendant des années.

Mais ce soir, lors de cette première à Zürich c'est Mari Eriksmoen qui m'a particulièrement séduite dans le rôle de Pamina. Sa voix d'une beauté envoûtante, son sens de la musique et des phrases, son jeu, sa présence, tout était magnifique. Mozart n'a pas mis ce rôle au centre de l'opéra pour rien je penses, et ne lui à pas donné les plus belles mélodies par hasard. J'aimes croire que le message final que Mozart à voulu donner au monde à la fin de sa vie, caché derrière le rire et l'absurde pour que cela passe plus facilement sans doute, est que l'amour est bien la plus belle chose qui soit, l'amour entre deux amants mais probablement aussi ou surtout l'amour entre les êtres humains.


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