Verdi Traviata Zürich Yoncheva Breslik Kesley

La Traviata de Verdi est probablement l'un des opéras les plus célèbres et dont les airs sont connus de presque tout le monde, que cela soit conscient ou inconscient. L'histoire (basée sur La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils) est tragique, comme très souvent chez Verdi et c'est ce qui fait sa force car de fait personne ne peut y être insensible. La musique qui colle parfaitement à l'histoire accentue encore cette sensation forte au départ et il suffit d'avoir d'excellents chanteurs pour que cela devienne irrésistible et poignant au plus haut degré.

C'était le cas ce soir: Sonya Yoncheva dans le rôle de Violetta, voix puissante, dramatique, avec des accents rappelant parfois la Callas dans les graves dramatiques. Pavol Breslik dans le rôle d'Alfredo n'a plus à prouver qu'il est une super star parmi les ténors. Toujours aussi élégant sur scène et tant de sensibilité allié à une technique sûre et fine. Et pour une fois j'ai adoré une basse dans le rôle du père d'Alfredo, l'incroyable Quinn Kesley. Sa voix puissante, juste et chaude à fait l'unanimité du public qui l'a ardemment applaudi.

D'un bout à l'autre cet opéra donne des frissons, émeut, vous donne des larmes aux yeux. Le sacrifice de Violetta par amour pour Alfredo, le fait qu'elle soit condamnée dès le départ, les duos entre elle et le père qui seulement à la fin de l'histoire se rend compte de ce qu'il lui a demandé et le regrette. Les airs d'Alfredo et Violetta séparément ou ensemble sont parmi les plus beaux du répertoire. Des mélodies uniques incarnant le sentiment amoureux comme jamais. Toutes ces choses et encore tant d'autres détails qui ont bien-sûr leur importance sont les clés de l'immense succès que la Traviata a connu et connaîtra encore longtemps.

C'est une magnifique illustration des scènes de la vie des hommes et de leur complexité, tournant toujours autour de l'inépuisable thème de l'amour, cette force qui dirige notre monde et nous concerne tous sans exceptions, responsable des plus beaux et des plus tristes moments de nos humbles vies. Verdi en était plus que conscient et à su le préserver dans ces deux heures et demie de pure beauté.

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