Brahms Ein Deutsches Requiem

Cela fait une semaine que j'écoute cette oeuvre gigantesque tous les jours, lisant un tas de choses à son sujet, la découvrant toujours plus en profondeur. La deuxième partie, genre de marche funèbre, est depuis longtemps un de mes passages musicaux préférés. Il m'arrive souvent de l'écouter dans le noir chez moi le soir profitant de la qualité de ma chaine Hi-Fi qui redonne pas trop mal les basses et le grain des voix.

Mais cela reste quand même incomparable à une version live, qui était ce soir ma première de ce Requiem de Brahms avec en plus Bernard Haitink comme chef. Brahms à choisi lui-même des extraits de différents passages de la bible pour cette oeuvre qu'il voulait d'abord appeler Requiem des hommes puis finalement s'est décidé pour Requiem Allemand, rendant ainsi hommage à ses origines et exprimant son mal du pays qui devait être fraîchement ravivé par la mort de sa mère.

Après la très reposante et introductive première partie a suivi ma tant attendue deuxième. Succédant le crescendo de l'orchestre, sachant déjà que les choeurs vont entrer ensuite en force, ma tension physique et intellectuelle était déjà presque au maximum et quand les choeurs et l'orchestre ont atteint ce sommet ensemble j'ai eu cette écrasante impression d'être devant et entouré de quelque chose d'immensément plus grand et plus puissant que moi et tout le reste, ayant des larmes aux yeux, la chair de poule, un noeud à l'estomac, pétrifié, écrasé dans mon fauteuil, perdant toute sensation de réalité et ayant en même temps un sentiment de bonheur et de joie immense, c'est une expérience que je ne connais qu'en musique et qui en réalité est bien plus que cette faible description.

Dans la troisième partie s'est fait entendre le bariton Christian Gerhaher, très beau, équilibré, sublime.

La cinquième partie avec la Soprano Camilla Tilling était aussi merveilleuse, magnifique voix, texte parlant de la mère, très émouvant et touchant.

Dans la sixième reviennent quelques passages similaires aux puissants élans du deuxième et le réquiem se termine doucement avec sa septième partie laissant le public en présence d'un rêve... Standing ovation très chaleureuse!

J'ai eu peu d'expériences de concert aussi fortes. Merci Brahms, Haitink, Tilling, Gerhaher, le Tonhalle-Orchester Zürich, Zürich Sing-Akademie et Brown.

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