Ballets Petruschka et Le Sacre du printemps à Zürich

J'ai appellé mon denier chat Petruschka car je trouvais le nom très russe, exotique, amusant. Sans jamais avoir vu le ballet je connaissait pourtant bien la musique de Strawinsky.

Dans une chorégraphie sobre, sans décors ni costumes de Marco Goecke, Petruschka était assez captivant, avec des gestes rapides et très diversifiés, très fin, expressifs, passants par des jeux en duo puis des danses de groupes, ça illustrait très bien la musique et parfois pas du tout ce qui fait qu'on se demande sans arrêt plein de choses en regardant, on est surpris, choqué, étonné, on rigole, on sourit, on cherche à comprendre, bref on reste sans arrêt captivé finallement et à la fin on croit avoir compris une histoire mais ce n'est sûrement pas la même que notre voisin, l'art c'est parfois ça aussi.

Je préfère quand même de loin la musique de Le Sacre du printemps, plus forte, plus originale, plus brutale et extrème, mais je ne pouvais pas appeler mon chat Sacre... Cette musique dont le difficile début au basson, la polyrythmie et les accents sur des temps faibles puis forts, sont célèbres pour leur complexité, force et difficulté d'exécution. Il en va sûrement de même pour les danseurs et le chorégraphe, ici Edward Clug. L'ambiance était plus macabre, plus de groupes, des effets avec de l'eau sur le sol et sous forme de pluie, une histoire assez claire par contre, une agressivité évidente aussi, des danseurs incroyables, des corps presque comme des machines, souples, forts. Je ne suis pas déçu de ma première du Sacre.

Et bravo à l'orchestre et au chef pour le Sacre qui est un vrai défi à jouer et diriger!

Mozart Figaro Zürich

Julie Fuchs - Zürich Opernhaus
J'étais content de réentendre notre Julie Fuchs même si je l'avais déjà entendu dans le même opéra et même production l'an dernier. Certains des autres rôles étaient tenus par d'autres chanteurs, ce qui change quand même pas mal de choses.

Une des voix qui m'a aussi beaucoup plu cette fois-ci était Julia Kleiter dans le rôle de La Contessa. En duo avec Julie Fuchs on pouvait bien entendre les différences et en même temps apprécier l'harmonie des deux voix.

En tous cas ce Figaro, peu importe combien de fois on le voit, est toujours aussi comique et l'histoire magnifiquement truffée d'intrigues et agréablement complexe. Ces thèmes de couples, de fidèlité, de confiance, les mal-entendus, la fierté, bref encore une fois toute la palette des émotions d'une vie humaine que l'on aime à voir devant soi, pour en rire, réaliser comme on est bien tous pareils.

J'aime toujours autant le double quatuor de la fin du deuxième acte, ou octuor. Ces huit voix qui chantent et parlent dans tous les sens ne sont pourtant jamais en concurence, tout s'harmonise et reste autant dans l'ensemble que dans le détail intelligible et beau grâce à l'exceptionel génie de Mozart.

C'est finallement fascinant de réaliser à chaque fois à nouveau comme on peut apprécier toujours plus en profondeur une oeuvre d'un grand génie sans jamais s'en lasser et tout connaître. C'est la beauté de la musique et de l'art en général. Ave Mozart.

Weber Freischütz Zürich

Totalement nouveau pour moi ce Freischütz de Carl Maria von Weber. Je connaissait les thèmes principaux grâce, une fois de plus, aux transcriptions de Liszt. Je m'attendais à un genre de Fidelio de Beethoven mais en réalité pas du tout, c'est un monde musical bien particulier et très captivant. Bien qu'assez long, on ne s'ennuie pas facilement dans cet opéra, ce qui pour moi est toujours un bon signe.

La mise en scène était elle aussi géniale, Herbert Fritsch m'avait déjà conquis pas son humour et son sens de l'absurde très amusant et divertissant dans King Arthur de Purcell. Tout bouge sans arrêt, tout est ulilisé, décors, effets, video, chorégraphies modernes et amusantes en adéquation avec la musique, la modernisant même souvent.

La voix exceptionelle de ce soir était celle qui jouait le rôle de Agathe: Lise Davidsen. Que dire?: rien, c'était incroyable. Le jeu aussi était très amusant. A ces côtés Mélissa Petit était vraiment superbe aussi. Bien que je la trouvais encore plus convaincante dans King Arthur de Purcell.

Les thèmes généraux de cet opéra sont comme très souevent l'amour, le spirituel, la tentation, la rédemption. C'est en sorte pour se les rappaler que l'on va à l'opéra, car on les vit tous au quotidien et on peut ainsi les voir un peu en perspective, sur une scène, tourné en dérision, on peut rire des faiblesses et problèmes humains pendant quelques heures.

L'Opéra est vraiment un monde fascinant pour peu que l'on s'y intéresse un peu.