Anne-Sophie Mutter dans Bruch à Zurich

La dernière fois que je l'ai entendu c'était au Tonhalle lors d'un concert de charité dans un programme de musique de chambre avec Orkis. C'était magnifique! Cette fois-ci c'était avec orchestre, celui de l'Opéra de Zurich sous la direction de Luisi. Super chef par ailleurs!

L'oeuvre de Takemitsu ne m'a pas convaincue je dois dire. J'ai joué du Takemitsu au conservatoire que j'avais bien aimé par contre.

Le concerto de Bruch, bien connu, était assez fin et mené de façon très personnelle comme Mutter à l'habitude de faire. C'est bien-sûr une grande star, ça se voit, ça s'entend, le public le sait, tout le monde le sait. J'ai personellement préféré son concert au Tonhalle. J'aurais plutôt aimé l'entendre dans le concerto de Brahms peut-être. Car Bruch m'a un peu laissé sur ma faim.

La 4e symphonie de Brahms était comme attendue, grande, magnifique, majestueuse, grandes phrases mélancholiques aux cordes, toujours cette impression de se trouver devant un immense temple grecque aux dimensions parfaites, contruit pour un dieu grand et puissant comme Zeus.

La Boheme de Puccini à Zurich

La Bohème de Puccini, je ne m'en lasserai jamais, c'est toujours l'opéra le plus romantique que je connaisse, le plus parfait, le plus beau, le plus prenant, celui qui me donne le plus de frissons. Toujours cet air très attendu de Rodolfo où il explique qu'il est poète et qu'il vit de de son art n'ayant rien. Ce soir encore Benjamin Bernheim m'a compètement conquis. Cette voix tellement juste et tellement puissante. J'ai pensé plusieurs fois à cette impression de facilité que Pavarotti donne quand il chante et surtout même dans les aigus, car c'est aussi l'impression que donne Bernheim. Mimi était magnifique aussi dans son rôle tenu par Eleonora Burrato. Le duo était parfait.

Cet opéra est si bien du fait aussi qu'il ne soit ni trop court ni trop long, soit 2h30. La division en 4 parties est parfaite. La rencontre de Rodolfo et Mimi. La sortie dans le quartier latin. La séparation sous la neige. Les retrouvailles et la mort pour finir. C'est clair, condensé et varié. Les thèmes du début reviennent à la fin pour fermer la boucle.

En plus du passage magnifique ou les deux se rencontrent au début, il y à la fin, quand cet accord de septième arrive au moment ou Mimi rend son dernier soupir et annonce sa mort, Rodolfo ne l'ayant pas encore compris. Puis cette mélodie dramatique soutenue par des accords en noires et Rodolfo déchiré par cette perte. Un des moments le plus prenants de l'Opéra.