Anniversaire de Liszt

Hier, dimanche 22 octobre 2017 c'était les 206 ans de la naissance de Franz Liszt. Jour parfait pour aller a ce concert à l'Opera de Zurich avec au programme Les Préludes et le 1e concerto de Liszt et le concerto pour orchestre de Bartok. Alain Altinoglu à la baguette et Lise de la Salle au piano.

Le poème symhonique de Liszt Les Préludes est la première oeuvre que j'ai entendu en concert quand j'avais 12 ans, ma grand-mère m'ayant amenée à mon premier concert. Frank Braley avait joué le 2e de Rachmaninov ensuite. C'est une oeuvre assez célèbre de Liszt, utilisé dans beaucoup de films et dont le thème est un de ceux que l'on retient facilement. Liszt en compositeur symphonique est toujours très majestueux et grandiose.

J'avais un jour entendu un enregistrement de Mazeppa par Lise de la Salle et bien que n'aimant que peu de versions de cette oeuvre celle-ci m'avait beaucoup impressionné. Elle nous a confirmé ce soir sa force et virtuosité assez étonnante pour une si petite femme. Très lyrique aussi et orchestral est son jeu dans Liszt. Le public en tous cas était complètement conquis, les applaudissements étaient assez nourris et son bis, un Lieder de Schumann transcrit par Liszt adéquat et merveilleux.

Bartok c'est une autre paire de manches. Souvent très rythmique et peu évident d'accès, quelques passages du concerto pour orchestre éveille quand même l'attention. Surtout le finale ou les cordes ont du transpirer au concert et travailler pas mal en amont. La direction de Alain Altinoglu est assez intéressante aussi, il est dynamique et concentré, soucieux de communiquer avec son orchestre et se donne a fond, ce qui doit inspirer l'orchestre d'autant plus.

Magnifique concert donc pour célébrer cet anniversaire de Liszt avec Bartok comme héritier évident.

Dutoit - Piemontesi - Zurich

Charles Dutoit - Photo: Priska Ketterer
Charles Dutoit était hier soir à Zurich pour diriger le 3e concerto de Beethoven avec Francesco Piemontesi au piano et en deuxième partie la 15e et dernière symphonie de Shostakovich. Un de mes disques préférés est la 3e symphonie de Saint-Saens avec Dutoit. Depuis je l'ai entendu dans cette oeuvre une fois live au Tonhalle de Zurich et c'était vraiment magnifique. On connaît bien sûr aussi Dutoit en tant que mari de Martha Argerich et pour les concerts qu'ils ont fait ensemble.

Hier soir dans Beethoven il était très paternel (dans le bon sens) avec le jeune Piemontesi, que je connais depuis qu'il s'est fait remarquer au Concours Reine Elisabeth de Bruxelles dans du Mozart. Piemontesi n'est pas un pianiste virtuose et ne veut clairement pas l'être. Belle preuve de courage, d'originalité, de personnalité et de modestie. De ce fait il est assez persuasif dans Mozart et Beethoven, même bien plus que la plupart des pianistes. Le 3e de Beethoven était superbe, plein de finesses, bien réfléchi, avec quelques touches très intelligentes et originales. Et le mouvement lent d'une sonate de Mozart comme bis à imposé dans la salle une atmosphère calme et sereine propice pour apprécier chaque note de cette musique géniale de simplicité.

La dernière Symphonie de Shostakovich commence par un premier mouvement très diversifié, plein d'humour et de rythme. Les trois suivants se tirent un peu en longeure. C'est le genre d'oeuvre qu'il faut presque connaître par cœur pour en apprécier pleinement sa puissance et je suis sûr qu'elle y est, bien cachée et pas simplement accessible à tout le monde. C'est ce que j'aime dans la musique et l'art. Il faut se donner de la peine avant de pouvoir profiter de la récompense. Enfin le final était de nouveau surprenant et amusant, assez calme et signe l'oeuvre symphonique de Shostakovich par un de ces traits les plus caractéristiques à mon avis: l'humour. Bien que ce ne soit aucunement visible quand on voit des photos du compositeur...!