Rigoletto de Verdi a Zurich

Rosa Feola as Gilda
Cela fait maintenant plus de 6 ans que je vis à Zurich et que je vais régulièrement à l'opéra et de ce fait je commence de plus en plus à revoir des production une, deux, trois et même quatre fois, ce qui me donne une connaissance encore plus approfondie des oeuvres et des chanteurs venant à Zurich.

Ainsi que la Bohème que j'ai vu quatre fois, je viens de voir Rigoletto de Verdi pour la troisième fois et en plus Rigoletto était le tout premier que j'ai été voir en 2013. La première fois s'était une autre production, mais la deuxième en 2016 était la même que ce soir avec seulement un autre ténor pour les rôles principaux.

Je me réjouissait de réentendre la basse Quinn Kesley dans le rôle de Rigoletto, qui est toujours aussi fascinant à tous les niveaux. Et le plaisir était encore plus grand de réentendre la soprano Rosa Feola, dans le rôle de Gilda. Cette petite femme qui n'a l'air de rien à une puissance incroyable doublée d'une maîtrise absolument parfaite.

Rigoletto est un chef d'oeuvre incontournable dont il serait presque superflu de parler. Il en est de même de Traviata, La Bohème et La flûte enchantée que je conseille à n'importe qui souhaitant s'initier au monde de l'opéra.

Dans Rigoletto les quelques airs fameux en font un opéra très accessible. Celui de Gilda "Caro nome", celui du Duc "La donna è mobile", et mon préféré qui fut repris par Liszt dans une superbe paraphrase: le quatuor de la fin avec Rigoletto murmurant des paroles de vengeance, Gilda au désespoir assistant à la scène entre le Duc et Maddaleina et amoureuse du Duc, Maddaleina résistant et riant au Duc, et le Duc galant essayant de séduire Maddaleina.

L'histoire inspirée de Le Roi s'amuse de Victor Hugo est très complexe comme toujours mais se laisse quand même assez bien suivre pendant les quelques 2h30 de musique. Le roi ayant été remplacer par un duc pour ne pas critiquer directement les moeurs dépravées du Roi de l'époque. La fin tragique, le thème omniprésent de la malédiction, l'histoire d'amour impossible, tout ça en fait une oeuvre poignante et chargée d'émotions auxquelles tout le monde s'identifie aisément et ainsi nous touche et nous émeut au plus profond.

Quatrieme fois que je vois La Boheme a Zurich

Voici une expérience intéressante que je conseille à tout le monde pour apprécier l'Opéra encore plus que vous ne le faites déjà. Au plus on voit ou écoute un opéra, au plus on l'aimera, c'est une règle générale pour la musique mais surtout pour l'opéra, qui est très complexe, long et spécifique.

Ma première Bohème de Puccini à Zürich était avec Nello Santi comme chef en 2014, magnifique!

La deuxième, en 2015, était la même production que cette fois-ci, avec Guancun Yu dans le rôle de Mimi et Michael Fabiano dans le rôle de Rodolfo, très bien aussi.

La troisième, 2017, toujours la même production, mais avec Benjamin Bernheim dans le rôle de Rodolfo qui m'avait particulièrement séduit.

Cette fois-ci, octobre 2018, la quatrième, avec Guancun Yu de nouveau, toujours aussi exceptionnelle, mais Bernheim ayant un problème de voix était bien sur scène mais doublé par l'incroyable David Junghoon Kim qui devait sans doute faire cette soirée au pied levé car il était sur le côté avec la partition.

Quelle voix et quelle puissance incroyable que celle de David Junghoon Kim, une révélation pour moi et un vrai tour de force de remplacer une voix comme ça sur le côté sans participer à l'action et probablement avec très peu de temps de préparation. La combinaison des deux chanteurs asiatiques était encore plus impressionnante! C'était une de ces représentations bénies ou l'on a les larmes aux yeux et la chaire de poule du début à la fin de l'opéra.

Encore une fois je voudrais insister sur le fait que, même si c'est possible lors d'une première écoute, cela est difficile de ressentir de telles émotions sans connaître l'Opéra quasi par cœur. J'ai joué cet opéra d'un bout à l'autre pour moi de nombreuses fois, l'ai écouté dans différentes versions encore plus de fois et vu en dvd ou sur youtube ainsi que d'innombrables fragments. Tout cela me donne une connaissance profonde de cette oeuvre, à la base parfaite et géniale, et de ce fait une des plus grandes satisfaction émotionnelle, physique et intellectuelle que l'on puisse imaginer à chaque fois que je l'écoutes!

L'art se cultive, demande du temps, du travail, de la curiosité, de l'engagement et plein d'autres choses, et les récompenses sont immenses, indescriptibles, uniques, divines!

Mon combat contre la médiocrité

Le combat contre la médiocrité était l'un des grands de Victor Hugo qui disait que tous les maux de la terre viennent de l'ignorance des gens. Pour ceux, d'ailleurs, qui ont eu le courage de lire! Les Misérables en entier et concentrés, ce livre décrit ces méchanismes de façon géniale! Brel disait également que le pire dans ce monde est la bêtise!

Je n'ai rien contre les professeurs de Yoga en particulier mais je voudrais mettre en lumière quelques petits détails que la plupart ignorent sans doute:

 Je viens de voir que l'on peut avoir un diplôme de professeur de Yoga après 200 heures de pratique. C'est en me comparant aux professeurs de yoga et autre coach divers qui s'improvisent professeurs que certains trouvent les cours de piano trop chers ou estiment que les concerts devraient être gratuits. Car beaucoup s’imaginent en effet que j'ai commencé le piano il a 200 heures. Après 200 heures de piano la plupart des gens savent à peine jouer une version améliorée de frère jacques aux deux mains et rarement sans fautes.

L'éducation d'un musicien professionnel (et j'insiste sur la différence avec le musicien du dimanche qui fait quelques accords sur sa guitare et épate d'habitude autant les gens, je reviendrai la dessus plus tard) commence en général, comme dans mon cas, à la naissance, voyant et écoutant son papa jouer du piano pendant des heures, et écoutant activement ou passivement des heures par jour de musique commençant ainsi l'assimilation d'un langage en soi.

Un pianiste de 35 ans qui commencerait comme la plupart vers 5 ans aurait donc 30 ans d'éducation musicale active à l’instrument et 35 ans passif. 30 ans de piano ça peut faire facilement 30.000 heures de piano et dans les 120.000 heures a faire quelque chose en rapport avec la musique: concerts, cours, écoute, lecture, etc Quand on veut devenir musicien professionnel on passe donc la plupart de ses soirées après l'école au cours de piano 1 ou 2 fois par semaine, au cours de solfège et au cours de musique de chambre minimum et les autres soirs on travaille à la maison pour préparer les prochains cours. Les vacances scolaires et d'été sont bien souvent aussi passées en grande partie à des stages de musiques ou à travailler un examen d'entrée ou autre concours à la rentrée pendant que les autres jouent dehors. Je suis bien heureux de l'avoir fait et ne me plains pas le moins du monde (sauf pour les heures de solfège, haha), au contraire, mais c'est aussi un investissement de temps à prendre en compte.

Ensuite il y a l'investissement financier des parents et du musicien pus tard. Des cours de piano de 5 à 25 une fois par semaine ça revient a 60.000 francs en suisse pour des cours privés et l'achat d'un instrument pour un enfant entre 5.000 et 15.000 disons. L'achat d'un instrument pour un pianiste professionnel est entre 20.000 et 180.000 pour son piano et je ne parle même pas des musiciens d'orchestre qui ont des violons a 700.000! Faites la somme, ça tourne autour de 85.000 - 850.000 francs/euros... Certains auraient pu investir ça dans un château dans le sud de la France...

Bref, quand on pense donc aux 200 heures du prof de yoga qui se fait payer quasiment la même chose qu'un musicien, ou lorsque un banquier me dit qu'il a trouvé des cours de piano a moitié prix chez un étudiant je désespère par fois face à l'ignorance et la bêtise. La plupart des gens préfèrent aussi un concert de gros amateurs comme Einaudi et trouvent cela bien plus beau qu'un concerto de Mozart qui est trop compliqué et ennuyeux à leur goût, mais tout ceci n'est que le résultat de leur propre manque d'éducation et ignorance. Tout le monde veut des maisons et des voitures chères et de qualité mais l'art peut être bon marché et de qualité médiocre car peu savent faire la différence. A qui la faute.

A part le sport ou la danse de haut niveau je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de métiers qui demandent autant d'investissement, en temps, en travail et financier, que le métier d'artiste. Et les artistes sont souvent les gens les plus pauvres dans une société. Je n'ai pas à me plaindre de ma situation car je me suis battu comme un chien enragé pour avoir une qualité de vie mais il y a des jours je me dis que je mériterait bien plus le salaire de 4 millions par an de certains qui n'en foutent pas une.

Dans une société qui se veut méritocratie il serait logique que les artistes soient parmi les gens les mieux payés, considérant en pus que leur rôle est de rendre notre monde plus beau et que l'art a pour rôles principaux le bien-être des gens, donner un sens à nos vies ainsi qu'éduquer nos esprits alors que la plupart des métiers les mieux payés qui ne font finalement souvent que pervertir, corrompre et détruire cette société! Ceci dit je ne fais qu'appliquer les principes de cette sus-dite sociétés méritocratie en disant cela. Personnellement je ne souhaite pas m'enrichir mais bien éveiller les consciences et encourager les gens à se cultiver, rester curieux et valoriser l'art et les artistes!

Comme disait Brel: je persiste et signe: Je m'appelle Sebastien Dupuis!

Berg - Mahler au Tonhalle Maag

Photo: Marco Borggreve
Premier concert de la saison 2018 - 2019 au Tonhale Maag, la salle temporaire de Zurich le temps que la permanente soit restaurée. Cette saison la violoniste Janine Jansen est notre artiste en résidence. Elle commence sa saison par le concerto pour violon de Aban Berg, discipe de Arnold Schönberg, formant tous deux avec Anton Webern la nouvelle école de Vienne qui furent en rupture avec le système tonal de la musique des siècles passés et créèrent un nouveau système qu'est le dodécaphnisme. Pour tout le monde, sauf quelques hyper spécialisés en musique classique contemporaine, ce language musical sonne comme cahotique et non mélodique. Personellement je ne suis pas un adepte mais j'y reconnais une certaine beauté mathématique disons. Bref, commencer sa saison avec ce concerto est assez osé de la part de Jansen.

Depuis plus de 10 ans j'écoute et réécoute régulièrement, méthodiquement et assidument les 10 symphonies de Mahler. Les premières années j'ai découvert assez rapidement et relativement facilement les 5 premières. Les 6 et 7 ont eu besoin de quelques années en plus. La 8 m'est toujours assez étrange et la 9 et la 10 ont un charme sombre et désespéré qui les rends plus accessibles que la 8. Ces dernières années je les écoute plus facilement et commence à comprendre leur language complexe. Le rythme est très compliqué et de nombreuses voix se mèlent ce qui ne rend l'écoute pas reposante. Bien qu'ayant été d'abord étonné du tempo rapide et assez plat que prenait le chef Jukka-Pekka Saraste, j'ai finallement bien aimé l'oeuvre d'un bout-à l'autre malgré les 90 minutes de musiques.

Pollini à Zurich

Lundi 12 février je suis allé écouter pour la première fois Maurizio Pollini en concert. C'était au Tonhalle Maag de Zurich, qui es la salle provisoire le temps qu'il restaurent le Tonhalle près du lac. Je n'ai jamais été un grand fan de Pollini même si je reconnais que c'est un des plus grand pianiste vivant. Ce qu'on lui reproche souvent, c'est-à-dire un jeu froid, est également ce qui me dérange chez lui. D'un autre côté quand j'écoute ses enregistrements je me dis toujours que c'est parfait, qu'il n'y a rien à dire, que c'est sans doute la facon la plus honnête de jouer. Mais il me manque toujours quelque chose de personnel dans son jeu.

Ce soir il jouait deux petites pièces de Schuman suivi de la 3e sonate. Cette sonate est longue, difficile et impressionnante. Je dois avouer que pour la première fois j'ai trouvé le jeu de Pollini enfin doté de cette touche personelle. Mais de l'autre côté j'ai aussi pensé qu'il devenait vieux et avait perdu maintenant de cette précision et perfection d'avant. Bref, on ne peut pas tout avoir et la musique était magnifique et magnifiquement rendue, c'est ce qui compte.

La deuxième partie avec deux nocturnes et la 3e sonate de Chopin était superbe aussi. Cette sonate est ma préférée, particulièrement le mouvement lent. J'ai entendu Sokolov dans cette sonate l'an passé ou avant et en ai gardé une impression beaucoup plus forte que la version de Pollini.

Donc pour résumer, c'était un super concert, j'étais heureux de l'avoir entendu une fois en concert mais ce n'est toujours pas mon pianiste préféré.

Casse noisette de Tchaikovski a Zurich

J'ai vu une fois à Bruxelles le Casse noisette avec une mise en scène classique et une chorégraphie très classique aussi, et je n'avais vraiment pas aimé, ce qui m'avait un peu éloigné du Ballet. Mais depuis que je vis à Zürich je suis allé déjà quelques fois au Ballet et y ait découvert les ballets de Christian Spuck, notre directeur du Ballet de Zürich, j'ai commencé à vraiment aimer car ceux de Spuck et de ces collègues sont modernes, amusant, plein d'humour, nouveaux, bref: toujours très divertissants!

La musique de Tchaikovsky est tellement connue que ce n'est même pas la peine d'en parler je crois, si ce n'est que pour préciser que même en étant tellement connue et en l'ayant entendu tellement souvent on ne s'en lasse quand même jamais. C'est du prodige!

Les mouvement typiques auxquelles on reconnait les chorégraphies de Spuck étaient bien au rendez-vous ce soir et pour notre plus grand plaisir. Les costumes étaient aussi superbement bien faits. Et j'ai été surpris de voir à quel point le public de ce soir était si impliqué, si bien habillé, assez jeune, et tellement emballé par le Ballet entier. En général le public des Ballets à Zurich est assez enthousiaste mais ce soir ils l'étaient encore plus. Les danseurs et toute l'équipe derrière l'ont bien mérités je dois dire!

Certains effets comme les souris à taille humaine et leur chorégraphie étaient très impressionnants! Les touches d'humour comme l'on peut voire sur la photo étaient aussi bienvenus, sans éxagération et tout en finesse. Vivement le prochain!

Anniversaire de Liszt

Hier, dimanche 22 octobre 2017 c'était les 206 ans de la naissance de Franz Liszt. Jour parfait pour aller a ce concert à l'Opera de Zurich avec au programme Les Préludes et le 1e concerto de Liszt et le concerto pour orchestre de Bartok. Alain Altinoglu à la baguette et Lise de la Salle au piano.

Le poème symhonique de Liszt Les Préludes est la première oeuvre que j'ai entendu en concert quand j'avais 12 ans, ma grand-mère m'ayant amenée à mon premier concert. Frank Braley avait joué le 2e de Rachmaninov ensuite. C'est une oeuvre assez célèbre de Liszt, utilisé dans beaucoup de films et dont le thème est un de ceux que l'on retient facilement. Liszt en compositeur symphonique est toujours très majestueux et grandiose.

J'avais un jour entendu un enregistrement de Mazeppa par Lise de la Salle et bien que n'aimant que peu de versions de cette oeuvre celle-ci m'avait beaucoup impressionné. Elle nous a confirmé ce soir sa force et virtuosité assez étonnante pour une si petite femme. Très lyrique aussi et orchestral est son jeu dans Liszt. Le public en tous cas était complètement conquis, les applaudissements étaient assez nourris et son bis, un Lieder de Schumann transcrit par Liszt adéquat et merveilleux.

Bartok c'est une autre paire de manches. Souvent très rythmique et peu évident d'accès, quelques passages du concerto pour orchestre éveille quand même l'attention. Surtout le finale ou les cordes ont du transpirer au concert et travailler pas mal en amont. La direction de Alain Altinoglu est assez intéressante aussi, il est dynamique et concentré, soucieux de communiquer avec son orchestre et se donne a fond, ce qui doit inspirer l'orchestre d'autant plus.

Magnifique concert donc pour célébrer cet anniversaire de Liszt avec Bartok comme héritier évident.

Dutoit - Piemontesi - Zurich

Charles Dutoit - Photo: Priska Ketterer
Charles Dutoit était hier soir à Zurich pour diriger le 3e concerto de Beethoven avec Francesco Piemontesi au piano et en deuxième partie la 15e et dernière symphonie de Shostakovich. Un de mes disques préférés est la 3e symphonie de Saint-Saens avec Dutoit. Depuis je l'ai entendu dans cette oeuvre une fois live au Tonhalle de Zurich et c'était vraiment magnifique. On connaît bien sûr aussi Dutoit en tant que mari de Martha Argerich et pour les concerts qu'ils ont fait ensemble.

Hier soir dans Beethoven il était très paternel (dans le bon sens) avec le jeune Piemontesi, que je connais depuis qu'il s'est fait remarquer au Concours Reine Elisabeth de Bruxelles dans du Mozart. Piemontesi n'est pas un pianiste virtuose et ne veut clairement pas l'être. Belle preuve de courage, d'originalité, de personnalité et de modestie. De ce fait il est assez persuasif dans Mozart et Beethoven, même bien plus que la plupart des pianistes. Le 3e de Beethoven était superbe, plein de finesses, bien réfléchi, avec quelques touches très intelligentes et originales. Et le mouvement lent d'une sonate de Mozart comme bis à imposé dans la salle une atmosphère calme et sereine propice pour apprécier chaque note de cette musique géniale de simplicité.

La dernière Symphonie de Shostakovich commence par un premier mouvement très diversifié, plein d'humour et de rythme. Les trois suivants se tirent un peu en longeure. C'est le genre d'oeuvre qu'il faut presque connaître par cœur pour en apprécier pleinement sa puissance et je suis sûr qu'elle y est, bien cachée et pas simplement accessible à tout le monde. C'est ce que j'aime dans la musique et l'art. Il faut se donner de la peine avant de pouvoir profiter de la récompense. Enfin le final était de nouveau surprenant et amusant, assez calme et signe l'oeuvre symphonique de Shostakovich par un de ces traits les plus caractéristiques à mon avis: l'humour. Bien que ce ne soit aucunement visible quand on voit des photos du compositeur...!

Jewgeni Onegin de Tschaikowski

Premier opéra de la saison à Zurich et cette fois-ci on commence avec les russes. Musique russe, littérature russe, chanté en russe, l'histoire se passe en Russie, la totale. Belle échappée dans le monde passionné et dramatique slave.

Je ne connaissait ni la musique ni l'histoire mais les deux m'ont profondément enchanté. La musique est vraiment incroyablement dense et émotive ou dramatique. Tchaikovski et son habitude de répéter ses thèmes de nombreuses fois en font très rapidement des mélodies obsédantes qui ne vous lâchent plus et en augmentent la passion. La musique traduit et renforce aussi énormément les émotions et le cours de l'histoire qui se développe sous vos yeux. Comme Rachmaninov il utilise ses thèmes en le faisant glisser et se transformer sans arrêt dans tous les sens, genre de métamorphose constante de la musique.

L'histoire de Pushkine est également superbe et inattendue, une histoire d'amour compliquée assez habituelle, des personnes qui en aiment d'autres mais ne sont pas aimés en retour, une rivalitée entre amis pour une femme qui mène à un duel et la mort de Lenki avant le dernier acte laissant Onegin à sa vie insatisfait.

Les deux rôles masculins étaient excellents. Pavol Breslik est taillé pour jouer Lenski, tout est géniale, voix, technique, émotions, jeu d'acteur, intensité dramatique, apparence, langage corporel, la grande star. J'ai également adoré Peter Mattei en Onegin, quelle voix sublime, douce et naturelle! Impressionnant!

Le quotidien d'un pianiste à Zurich

Beaucoup me disent que j'ai de la chance de vivre de ma passion et de pouvoir disposer de mon temps comme je le souhaite et c'est vrai. Mais ce que la plupart ne savent pas c'est le revers de la médaille de ce type de vie d'indépendant. Certes je me lève quand je veux et vais me promener quand l'envie m'en prend et si un jour je ne veux pas travailler au piano je peux prendre un jour de congé. Mais il faut de la discipline pour se lever tous les matins et se mettre au piano, il faut arriver à installer cette routine quotidienne. Il faut avoir également de la discipline pour continuer à travailler tous les jours au piano peu importe qu'il y ait bientôt un concert ou non. Il faut être organisé pour structurer sa journée entre les périodes de travail au piano, les cours et les moments de détentes. Il faut sans arrêt penser à de nouveaux projets, aux programmes des prochains concerts, au temps qu'il faudra pour les préparer et évaluer si on en dispose d'assez. C'est une vie terriblement aléatoire dans laquelle il ne faut jamais perde le cap.

Il y a aussi l'insécurité financière: qui sait combien on gagnera l'an prochain ou le mois prochain, combien de concerts on aura, combien on gagnera pour un tel concert? Ce n'est jamais défini ni stable. De plus le travail au piano demande un certain calme intérieur qui est difficile à trouver quand on doit s'occuper d'un milliers d'autres détails de la vie quotidienne et donner des cours. Sans parler de cette solitude permanente du matin au soir, seul face à cet instrument d'ou il faut sortir des sons magiques et accomplir des prouesses. Le contact humain est quasi absent de la vie d'un pianiste et puis soudainement on se retrouve face à une foule de gens, le public avec qui il faut arriver à communiquer et avec qui il faut être naturel et jovial après un concert. Ce sont deux extrêmes très difficiles à concilier.

Le grand pianiste et compositeur Camille Saint-Saens disait que le pianiste est une bête de travail, esclave de son piano. Et en effet, le fait de devoir travailler plusieurs heures de piano chaque jour de l'année est en effet assez contraignant, et le fait de diminuer légèrement cette cadence se fait ressentir tout de suite dans les capacités qu'on a à maîtriser l'instrument. Au plus on y travail, au plus on le maîtrise et on peut s'exprimer plus librement dessus. On devient donc très vite l'esclave d'un sommet atteint un jour ou l'autre duquel on ne peut ou ne veut plus descendre sans parler d'éventuels nouveaux sommets qu'on pourrait encore atteindre.

C'est donc un mode de vie assez difficile et très sous estimé. Il faut vraiment être fait pour ça et un peu fou de piano dès le départ pour vouloir se lancer là dedans. Mais quand c'est le cas, pour rien au monde on changerait pour n'importe quel autre travail. Car les trésors de beauté des chef-d'œuvres que l'on travaille et avec lesquels on vit au quotidien, qu'on à rien que pour soi, avec lesquels on évolue de nombreuses années et le plaisir qu'on a ensuite à les exposer au public avec qui l'on partagera un court moment ces émotions indescriptibles, est un privilège immense et un bonheur irremplaçable.

Anne-Sophie Mutter dans Bruch à Zurich

La dernière fois que je l'ai entendu c'était au Tonhalle lors d'un concert de charité dans un programme de musique de chambre avec Orkis. C'était magnifique! Cette fois-ci c'était avec orchestre, celui de l'Opéra de Zurich sous la direction de Luisi. Super chef par ailleurs!

L'oeuvre de Takemitsu ne m'a pas convaincue je dois dire. J'ai joué du Takemitsu au conservatoire que j'avais bien aimé par contre.

Le concerto de Bruch, bien connu, était assez fin et mené de façon très personnelle comme Mutter à l'habitude de faire. C'est bien-sûr une grande star, ça se voit, ça s'entend, le public le sait, tout le monde le sait. J'ai personellement préféré son concert au Tonhalle. J'aurais plutôt aimé l'entendre dans le concerto de Brahms peut-être. Car Bruch m'a un peu laissé sur ma faim.

La 4e symphonie de Brahms était comme attendue, grande, magnifique, majestueuse, grandes phrases mélancholiques aux cordes, toujours cette impression de se trouver devant un immense temple grecque aux dimensions parfaites, contruit pour un dieu grand et puissant comme Zeus.

La Boheme de Puccini à Zurich

La Bohème de Puccini, je ne m'en lasserai jamais, c'est toujours l'opéra le plus romantique que je connaisse, le plus parfait, le plus beau, le plus prenant, celui qui me donne le plus de frissons. Toujours cet air très attendu de Rodolfo où il explique qu'il est poète et qu'il vit de de son art n'ayant rien. Ce soir encore Benjamin Bernheim m'a compètement conquis. Cette voix tellement juste et tellement puissante. J'ai pensé plusieurs fois à cette impression de facilité que Pavarotti donne quand il chante et surtout même dans les aigus, car c'est aussi l'impression que donne Bernheim. Mimi était magnifique aussi dans son rôle tenu par Eleonora Burrato. Le duo était parfait.

Cet opéra est si bien du fait aussi qu'il ne soit ni trop court ni trop long, soit 2h30. La division en 4 parties est parfaite. La rencontre de Rodolfo et Mimi. La sortie dans le quartier latin. La séparation sous la neige. Les retrouvailles et la mort pour finir. C'est clair, condensé et varié. Les thèmes du début reviennent à la fin pour fermer la boucle.

En plus du passage magnifique ou les deux se rencontrent au début, il y à la fin, quand cet accord de septième arrive au moment ou Mimi rend son dernier soupir et annonce sa mort, Rodolfo ne l'ayant pas encore compris. Puis cette mélodie dramatique soutenue par des accords en noires et Rodolfo déchiré par cette perte. Un des moments le plus prenants de l'Opéra.

Mahler 6 avec David Zinman

J'essaye de ne jamais rater une symphonie de Mahler en live quand c'est possible car ces oeuvres plus que bien d'autres sont des oeuvres de concert. L'énorme orchestre de Mahler ainsi que toutes les nuances et orchestrations diverses qui font la richesse de ses symphonies ne passent pas aussi bien en CD qu'en vrai. Je me souviens bien de la 1 et la 9 au Tonhalle.

La 6e est surnommée "Tragique" car Mahler y aurait eu la prémonition de son destin en écrivant trois coups de marteaux dans le dernier mouvement qui se concrétiseront un an après la création de l'oeuvre par la mort de sa fille, sa démission forcée de l'Opéra de Vienne et le diagnostic d'une maladie de coeur incurable.

Le premier mouvement est très rythmique et mouvementé, passionné même. Le scherzo qui suit est un scherzo typique, genre d'entracte reprenant un peu les émotions du premier. Le troisième mouvement qui est lent est une longue pleinte ou angoisse silencieuse. Et puis le très long dernier mouvement que je connaissait moins est bien empreint des emotions les plus terribles, allant de la peur aux angoisses extrèmes en passant par le désespoir, la fureur, la résiliation. Ce mouvement n'en termine plus, à croire que Mahler avait peur de le terminer craingant peut-être une concrétisation de ce qu'il ressentait dans la composition de cette 6e symphonie.

Il aura quand même le temps d'en composer encore 4 autres après qui ne seront d'ailleurs pas moins angoissées mais il faut dire aussi que ce théme principal est déjà présent dans sa première symphonie. Les artistes doivent-ils souffrir pour faire leur art ou souffrent-ils de leur art? Chez Mahler comme chez beaucoup d'autres je ne suis pas sur que l'on puisse faire la distinctoin entre l'une ou l'autre thèse. Cette ambiguité entre la vie du compositeur et son oeuvre est sans doute ce qui la rend si vivante et prenante.

Nous avons eu le plaisir immense, et je parle pour le public de Zürich, c'était clairement visible et audible au concert lors des applaudissements, de retrouver notre cher ancien chef titulaire de l'Orchestre du Tonhalle: David Zinman. Toujours au top de sa forme et servant Mahler de façon exceptionelle.

Lucia di Lammermoor Zürich

Premier opéra de Gaetano Donizetti que je vais voire live. C'est sans doute son plus connu. Et la scène de la folie de Lucia est très célèbre aussi, surtout auprès des soprano colorature qui peuvent ainsi montrer leur voix exceptionellement aigues.

J'ai particulièrement bien aimé la mise en scène. Simple, ni surchargée ni vide, avec de beaux changements de lumières qui créent différentes atmosphères. La soprano Verena Gimadieva qui chantait le rôle de Lucia était vraiment superbe aussi. Une belle maitrise de sa voix et très musicienne et une présence très naturelle et agréable. Et chapeaux pour son saut de plusieurs mètre sur un matelas doublé d'une roulade, faut oser!

On présent bien Verdi et Puccini dans la musique de Donizetti. Avec un peu plus de classicisme, moins osé et modernes que ces successeurs, ce qui est tout à fait logique. Mais la scène de la folie est quand même une exception question modernité. Quand on y pense: laisser chanter une soprano colorature si longtemps seule, la laisser improviser toute une partie et le théme de la folie traduit en musique, c'est finallement très moderne. Pour l'époque ce devait être exceptionnel quand on pense que Donizetti est né en 1797!

Bref, opéra très réussi, performance à la hauteur des attentes Zürichoises, qualitée toujours au rendez-vous, c'est toujours un plaisir.

Anna Karenina Ballet Zürich

C'est la deuxième fois que je vois ce ballet à Zürich. La première fois le rôle d'Anna était tenu par Viktorina Kapitonova. Cette fois-ci c'était l'allemande Katja Wünsche qui tenait le rôle. La différence n'est pas flagrante, les deux sont d’exceptionnelles danseuses et très expressives. On pourrait croire qu'une russe serait plus crédible dans cette histoire de Tolstoï et se passant en Russie mais Katja à plus que bien fait l'affaire.

Comme la première fois j'ai été séduit au plus haut niveau par la musique, sans doute parce que je suis musicien et parce que les œuvres choisies font partie de mes préférées. Il y avait un des Moments musicaux de Rachmaninov, les 3e et 2e mouvements du 2e concerto, le fameux prélude op.2, un autre prélude pour piano, des mélodies pour voix et orchestre, bref que des bijoux de Rachmaninov, très judicieusement choisis pour ce ballet. J'était tellement touché par la musique qu'à certains moments je ne regardais même plus le ballet, ou que d'un oeuil, ce qui n'à rien à voire avec la qualité du ballet, c'est juste que pour moi la musique était tellement forte qu'elle prenait le dessus sur le visuel, et ça m'est arrivé les deux fois que j'ai vu le ballet.

L'histoire de Tolstoï est très longue et complexe, et donc difficile à résumer en deux heures. Cependant l'histoire était claire, les événements principaux et leurs personnages étaient là, les décors et costumes superbes et les chorégraphies de Spuck me plaisent toujours autant. Le choix du concerto pour piano de Lutoslawski était d'ailleurs très approprié pour les passages plus tendus et dramatiques du ballet, là où la douleur ou le mal-être ont besoin d'une musique plus dissonante ou agressive pour soutenir l'atmosphère générale du moment.

Cela donne envie de lire ou relire le roman en tous cas.

Die entführung aus dem serail von Mozart

Voilà, j'ai enfin vu en vrai cet opéra de Mozart que je connais pourtant depuis longtemps et dont j'avais vu des épisodes dans le film Amadeus. L'enlèvement au sérail devrait se passer en Turquie, qui était le sujet à la mode à cette époque et qui inspira également la marche turque de sa 11e sonate pour piano et son 5e concerto pour violon, mais était transposé ici dans un restaurant à notre époque et en Europe.

J'étais très heureux de retrouver le ténor et super star Pavol Breslik dans le rôle de Belmonte. Les rôles classique lui vont vraiment bien, et sa prestance sur scène est toujours aussi charismatique.

Mais pour une fois depuis que je suis à Zürich je dois dire que j'ai été un peu décu par le reste, sauf de Sam Louwyck dans le rôle de Bassa Selim qui était exceptionnel aussi. En effet l'orchestre était plutôt lent et peu energique, les décors étaient bien mais en ce qui concerne la mise en scène on sentait trop cette envie de faire quelquechose de spéciale et finallement c'était trop et pas claire. Les autres chanteurs ne m'ont pas vraiment touchés non plus, l'action était plate, trop statique à mon goût, je me suis vraiment souvent ennuyé dans cet opéra qui n'est pourtant pas très long.

Enfin le problème aussi est qu'on est habitué à un niveau tellement haut à Zürich qu'on devient un peu blasé. C'était quand même une représentation de haut niveau.

Ballets Petruschka et Le Sacre du printemps à Zürich

J'ai appellé mon denier chat Petruschka car je trouvais le nom très russe, exotique, amusant. Sans jamais avoir vu le ballet je connaissait pourtant bien la musique de Strawinsky.

Dans une chorégraphie sobre, sans décors ni costumes de Marco Goecke, Petruschka était assez captivant, avec des gestes rapides et très diversifiés, très fin, expressifs, passants par des jeux en duo puis des danses de groupes, ça illustrait très bien la musique et parfois pas du tout ce qui fait qu'on se demande sans arrêt plein de choses en regardant, on est surpris, choqué, étonné, on rigole, on sourit, on cherche à comprendre, bref on reste sans arrêt captivé finallement et à la fin on croit avoir compris une histoire mais ce n'est sûrement pas la même que notre voisin, l'art c'est parfois ça aussi.

Je préfère quand même de loin la musique de Le Sacre du printemps, plus forte, plus originale, plus brutale et extrème, mais je ne pouvais pas appeler mon chat Sacre... Cette musique dont le difficile début au basson, la polyrythmie et les accents sur des temps faibles puis forts, sont célèbres pour leur complexité, force et difficulté d'exécution. Il en va sûrement de même pour les danseurs et le chorégraphe, ici Edward Clug. L'ambiance était plus macabre, plus de groupes, des effets avec de l'eau sur le sol et sous forme de pluie, une histoire assez claire par contre, une agressivité évidente aussi, des danseurs incroyables, des corps presque comme des machines, souples, forts. Je ne suis pas déçu de ma première du Sacre.

Et bravo à l'orchestre et au chef pour le Sacre qui est un vrai défi à jouer et diriger!

Mozart Figaro Zürich

Julie Fuchs - Zürich Opernhaus
J'étais content de réentendre notre Julie Fuchs même si je l'avais déjà entendu dans le même opéra et même production l'an dernier. Certains des autres rôles étaient tenus par d'autres chanteurs, ce qui change quand même pas mal de choses.

Une des voix qui m'a aussi beaucoup plu cette fois-ci était Julia Kleiter dans le rôle de La Contessa. En duo avec Julie Fuchs on pouvait bien entendre les différences et en même temps apprécier l'harmonie des deux voix.

En tous cas ce Figaro, peu importe combien de fois on le voit, est toujours aussi comique et l'histoire magnifiquement truffée d'intrigues et agréablement complexe. Ces thèmes de couples, de fidèlité, de confiance, les mal-entendus, la fierté, bref encore une fois toute la palette des émotions d'une vie humaine que l'on aime à voir devant soi, pour en rire, réaliser comme on est bien tous pareils.

J'aime toujours autant le double quatuor de la fin du deuxième acte, ou octuor. Ces huit voix qui chantent et parlent dans tous les sens ne sont pourtant jamais en concurence, tout s'harmonise et reste autant dans l'ensemble que dans le détail intelligible et beau grâce à l'exceptionel génie de Mozart.

C'est finallement fascinant de réaliser à chaque fois à nouveau comme on peut apprécier toujours plus en profondeur une oeuvre d'un grand génie sans jamais s'en lasser et tout connaître. C'est la beauté de la musique et de l'art en général. Ave Mozart.

Weber Freischütz Zürich

Totalement nouveau pour moi ce Freischütz de Carl Maria von Weber. Je connaissait les thèmes principaux grâce, une fois de plus, aux transcriptions de Liszt. Je m'attendais à un genre de Fidelio de Beethoven mais en réalité pas du tout, c'est un monde musical bien particulier et très captivant. Bien qu'assez long, on ne s'ennuie pas facilement dans cet opéra, ce qui pour moi est toujours un bon signe.

La mise en scène était elle aussi géniale, Herbert Fritsch m'avait déjà conquis pas son humour et son sens de l'absurde très amusant et divertissant dans King Arthur de Purcell. Tout bouge sans arrêt, tout est ulilisé, décors, effets, video, chorégraphies modernes et amusantes en adéquation avec la musique, la modernisant même souvent.

La voix exceptionelle de ce soir était celle qui jouait le rôle de Agathe: Lise Davidsen. Que dire?: rien, c'était incroyable. Le jeu aussi était très amusant. A ces côtés Mélissa Petit était vraiment superbe aussi. Bien que je la trouvais encore plus convaincante dans King Arthur de Purcell.

Les thèmes généraux de cet opéra sont comme très souevent l'amour, le spirituel, la tentation, la rédemption. C'est en sorte pour se les rappaler que l'on va à l'opéra, car on les vit tous au quotidien et on peut ainsi les voir un peu en perspective, sur une scène, tourné en dérision, on peut rire des faiblesses et problèmes humains pendant quelques heures.

L'Opéra est vraiment un monde fascinant pour peu que l'on s'y intéresse un peu.

Roberto Alagna à Zürich

Mon premier opéra de la saison et pas des moindres. En 2003, étant étudiant au conservatoire, je décide de louer à la médiathèque trois opéras en cd et de les écouter en suivant le livret. Le premier est la Bohème de Puccini avec Alagna. C'est le choc, dans le début, l'air "che gelida manina", je suis pétrifié par la puissante et magnifique voix de Roberto Alagna et son point d'orgue sur esperanza. Depuis je suis un grand fan et mon opéra préféré est toujours la Bohème.

Cavalliera Rusticana de Mascagni et Pagniacci de Leoncavallo sont deux petits opréas d'une heure dont j'ai toujours entendu parler. Dans Cavalliera il y a un passage orchestral magnifique que je connaissait et dans Pagliacci l'air du clown qui pleure m'était aussi bien connu par Pavarotti.

Cavalliera était assez intéressant mais je dois avouer que pour moi ce n'était rien à côté du géniale Pagliacci. Il n'y a pas une minute de "boring" dans cet opéra, les thèmes sont toujours inatendus, harmoniquement ingénieux et toujours très émouvants. Alagna à gardé son incroyable puissance, sa présance unique sur scène et une technique de chant ainsi qu'une sensibilité sublime.

C'était pour moi aussi l'occasion de découvrir Aleksandra Kurzac qui à également une présance et un magnétisme sur scène, sensuelle et capable d'un jeu intelligent elle à une voix toute aussi envoutante, douce et sombre. Le jeu avec Alagna est parfaitement complice, c'était beau à voir.

Etant un peu moins fan des derniers disques "pop" qu'Alagna à fait les dernières années j'avais un peu peur qu'il ait perdu sa magnifique voix, mais j'ai eu la confirmation ce soir que Alagna est toujours le plus grand ténor vivant et en suis plus qu'heureux. Il y a eu un ou deux imbéciles qui ont cru intelligent de huer Alagna, je pense qu'il faudrait un jour mettre ces gens la sur scène et voir comment ils se débrouillent à chanter 3h d'opéra devant plus de 1000 personnes. J'ai beaucoup aimé la réaction d'Alagna leur proposant de venir s'exprimer sur scène. J'aime cet homme!

Radu Lupu et David Zinman

Le légendaire Radu Lupu, et son petit air de ressemblance avec Brahms, était à Zürich hier soir pour jouer le 24e concerto de Mozart avec l'orchestre de Zürich et son ancien chef permanent David Zinman. J'ai souvent entendu dire que cet homme arrive à créer une bulle autour de lui quand il joue en concert. J'étais donc très curieux de voir enfin en vrai ce que cela signifie réellement. Et en effet, son entrée calme sur scène, faisant de petits pas, prenant son temps pour saluer et s'asseoir au piano, sa grande barbe et son embonpoint lui donne vraiment des airs de Brahms. Je me disais que les gens ayant vu Brahms en concert avaient eu probablement cette vision, ce qui participe au mythe.

Sa façon de jouer correspond à son attitude: il est très calme, bouge très peu, est très concentré, crée des sons magnifiques au piano ainsi que des phrases longues et contrôlées. Ce monde sonore qu'il prend le temps de former autour de lui est cette bulle dont j'avais entendu parler. Sokolov a aussi un peu ce type de jeu. Le temps semble s'arrêter quand Radu Lupu joue. Il comprend Mozart comme probablement peu de gens, c'est clair, il ne cherche pas à prouver quoi que ce soit, est simplement dans son univers, en train de recréer la musique d'un des plus grands génies de tous les temps et se dédie complètement et uniquement à cela.

En bis il à joué le 2e impromptu D935 de Schubert, tout aussi unique et magnifique.

En seconde partie il y avait la 5e symphonie de Bruckner qui dure une heure. C'était long! L'orchestre de Zürich est toujours aussi bon ainsi que David Zinman, mais très honnêtement je n'arrives pas encore à apprécier cette musique. La 7e symphonie est un peu plus facile d'accès pour moi, les autres sont encore un peu un mystère. Mais c'est quand même très impressionnant à entendre en concert à cause de l'utilisation fréquente des cuivres et de l'orchestre entier.

Romeo und Julia, Schakespeare-Prokofjew-Spuck

Romeo (William Moore) und Julia (Katja Wünsche)
Rien que le début à l'orchestre annonce déjà toute la puissance du ballet de 2h30 qui va suivre. Prokofjew construit un accord de plus en plus tendu, dissonant et fort, avec les cuivres, se résolvant qu'à moitié par la suite. Tout le ballet ne sera ensuite qu'alternance de moments au moins aussi puissants et de passages plus tendres.

C'est une des expériences musicales les plus marquantes que j'ai vécue et de loin le meilleur ballet que j'ai vu, les deux s'étant sans doute renforcés. Etant déjà un fan de l'art de notre directeur de ballet à Zürich, Christian Spuck, et chorégraphe de ce Romeo und Julia, je le reste tout autant voir plus. Je suis toujours étonné, et l'ai été encore plus cette fois-ci, quand je réalise que pendant 2h30 il n'y a que de la musique et des gens qui bougent sur cette musique et que cela suffit pour que l'on comprenne parfaitement toute une histoire complexe avec toutes les émotions qu'elle véhicule.

La musique de Prokofjew est aussi des plus géniale. Toutes les scènes de duels ou de conflits entre les deux familles ou entre deux hommes sont parfaitement amplifiées par les sons des cuivres sur des rythmes grandioses, j'en avais la chair de poule toutes les cincq minutes.

Et puis bien sûr les génies de Spuck et de Prokofjew n'étaient qu'au service du plus grand qui n'est personne d'autre que William Schakespeare dont on fêtait les 400 ans une semaine plus tôt. Les thèmes qui sont abordés et qui nous concernent tous sont immortels et personne d'autre que Schakespeare n'aurait pu mieux nous le faire sentir.

Je suis toujours très reconnaissant d'avoir la possibilité de jouir et profiter du fruit du travail de tant de talents réunis en commencant par les trois grands génies dont je viens de parler mais aussi et surtout les danseurs du Ballet qui sont exceptionels et l'orchestre qui n'a pas moins de mérite et puis il y a toute la machinerie derrière tout ça pour le décor, les costumes et tout le reste. C'est incroyable tout ce qu'il y derrière un ballet de 2h30! Miracle de notre civilisation moderne à la pointe de la perfection dans bien des domaines et en dessous de tous dans d'autres.

Je conseille aussi d'écouter la suite pour orchestre de 25 minutes que Prokofjew à fait réunissant l'essentiel de la musique qu'il a écrit pour le ballet.


Purcell - King Arthur

Ayant découvert et beaucoup aimé Alcina de Heandel en février 2014 avec Bartoli et Fuchs j'étais très curieux de découvrir un opéra de son prédécesseur anglais Purcell né 26 ans plus tôt et mort 10 ans après la naissance de ce premier qui, soit dit en passant, est né la même année que Bach et Scarlatti, soit 1685. Ce King Arthur fût d'autant plus une surprise qu'il est mi-opéra mi-théâtre. En effet une longe introduction théâtrale, donc sans chant ni musique, et de nombreuses autres interventions alternaient avec les parties d'orchestre seule, les arias et chants divers.

Bien qu'ayant eu un peu de mal au début à me faire à l'humour légèrement lourdaud et bon marché j'ai fini par adhérer et ai bien souvent souris, ris, été surpris et émerveillé. Certaines parties chantées comme "Hither this way", par Mélissa Petit dans le rôle de Philidel, m'ont complétement émerveillé, capté et fasciné. La façon de bouger, de danser, de montrer le chemin avec ses mains en bougeant son popotin en cadence, était sublime. Cette musique est même carrément obsédante, sa rythmique subtile à un effet très puissant et terriblement moderne ce qui est un aspect que je retrouve de plus en plus dans la musique baroque à mon grand étonnement et émerveillement.

Un autre air génialissime était "What power are Thou" par Nahuel di Pierro dans le rôle du Génie du froid et est tout aussi moderne et surprenant. Son inventivité rythmique et harmonique place de ce fait le baroque au dessus de bien des choses à mon grand étonnement.

Bref, je suis très impatient de vivre ma prochaine aventure baroque à Zürich.

Rigoletto -- Kelsey - Grigolo - Feola -- Zurich

Quinne Kelsey
Voila encore une boucle de bouclée: Rigoletto est le premier opéra que je suis allé voir à Zürich en 2013, et je l'ai revu ce soir avec la même mise en scène et presque les mêmes chanteurs. Je n'avais pas vraiment regardé le casting de cette soirée là jusqu'à ce que je sois sur place et que je découvre que le fameux ténor Vittorio Grigolo chante ce soir le rôle du Duc de Mantoue. J'avais découvert cette star parmi les jeunes ténors dans le film que Domingo à fait de ce même opéra.

Grigolo est un vrai ténor italien, sûr de lui, séducteur, démonstratif, dramatique, mais il faut avouer qu'il à l'atout le plus important: une voix puissante et exceptionelle. J'oserais même dire plus exceptionelle que Alagna, Domingo et sans doute rivalisant avec celle de Pavarotti. C'était une chance d'avoir pu l'entendre ce soir dans cette dernière de Rigoletto à Zürich.

Mais un autre qui m'a énormément plus est le rôle titre Rigoletto chanté par Quinn Kelsey, que j'avais déjà entendu auparavent dans un autre opéra. Quel personnage charismatique, sensible et possédant une voix parfaite également. Il a peut-être un peu souffert de la présence de Grigolo ce soir sur scène, les ténors prennent souvent plus d'importence que tout l'opéra lui-même quand ils deviennent célèbres...

Et la troisième de cette sainte trinité était Gilda chanté par Rosa Feola. Voix pour laquelle je m'étais déjà enflammé lors du premier Rigoletto de 2013. Bizarrement je n'ai pas eu cette même impression bien que m'étant fait la réflexion que c'était également de l'exceptionnel mais encore une fois je crois que l'ombre de Grigolo y était pour beaucoup. Dur monde qu'est celui de l'opéra.

Rigoletto à été écrit en 4 jours, ce qui en fait un véritable tour de force vu son niveau d'achèvement et de perfection. Saluons biensûr avant tous les autre le grand et immortel Verdi qui est à l'origine de tout ça. Victor Hugo à d'ailleurs écrit la pièce Le roi s'amuse sur laquelle est basée le livret que Verdi à utilisé. Tant de génies réunis pour nous divertir 2h, c'est incroyable, il y a des jours comme ça, on ne se rend pas bien compte de la chance que l'on a.

Klavierunterricht Zürich - Piano lessons Zurich


Privater Klavierunterricht in Zürich Seefeld mit Sebastien Dupuis
Internationaler Konzertpianist
Klavierlehrer seit 2001
Feldeggstrasse 32
8008 Zürich


Konzertreihe und Klavierunterricht:

Mehr Informationen und Fragen:
horoffra@hotmail.com
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- Stunden werden im Voraus bezahlt (mindestens 4) und in keinem Fall zurückerstattet.

- 4 Klavierstunden sind maximal 3 Monate gültig.

- Eine Stunde weniger als 48 Stunden im Voraus abgesagt muss bezahlt werden.

- Preis 120.- pro 60 min Stunde.


Liebe Grüsse und bis bald
Sebastien Dupuis



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